Depuis les balbutiements de sa longue histoire, la cartographie a toujours été pensée comme un outil de la maîtrise des territoires.

L'émergence d'une discipline

Longtemps réservée aux princes et à leurs armées, cette discipline de la géographie s’est progressivement ouverte aux sociétés et à ses champs d’activité les plus variés. Aujourd’hui, son usage s’est totalement généralisé et surtout considérablement enrichi par l’établissement de liens étroits avec de nombreuses autres sciences qui en font désormais une discipline à part entière.

Lorsqu’au XIXe siècle Napoléon III fonde l’archéologie moderne en France, le choix de la cartographie se fait naturellement comme moyen privilégié pour présenter les résultats de son entreprise. Elle trouve d’ailleurs dans l’appellation même de l’institution chargée de la mener à bien, la Commission de la Topographie des Gaules, l’expression de l’importance qu’elle revêt au regard d’un empereur qui mesurait bien son intérêt pour une science alors en plein développement.

Quelle utilité pour l'archéologie ?

Aujourd’hui, la cartographie est plus que jamais un instrument incontournable de l’archéologie. Sa finalité est de représenter les informations recueillies par les archéologues et de mettre en lumière les réalités d’un passé révolu dans toute leur densité et leur complexité. Par sa clarté qui permet d’embrasser un tout en un regard, la carte possède une force de démonstration inégalée pour mettre en évidence l’organisation, les imbrications et les interdépendances entre les multiples éléments qui la composent.

La représentation de l’existant n’est pourtant pas une fin en soi, aussi intéressante soit-elle. En tant que pivot d’un système d’informations qui s’étend bien au-delà de la collecte de données, elle est aussi un outil de projection et de développement inégalable qui se matérialise aujourd’hui dans sa dimension de recherche autant que de gestion. En triant, segmentant, analysant puis qualifiant les données, la cartographie permet d’exploiter celles-ci en révélant des réalités nouvelles, porteuses à leur tour de développement.