Dès octobre 1858, Napoléon III rappelle à la Commission de Topographie des Gaules (CTG) que son objectif premier est de dresser trois cartes de la Gaule à différentes époques. L'idée qui prévaut est « que l'on puisse suivre, en passant d'une carte à l'autre, la transformation des contrées et des localités sous les Celtes, les Romains et les Francs ». Dès lors, la question des frontières de la Gaule et de leurs évolutions devient essentielle.

Les frontières des Gaules

Puisque les frontières des Gaules débordent amplement du seul cadre national, la décision est prise de s'intéresser aux pays limitrophes, théâtres d'épisodes de la Guerre des Gaules. Il s'agit en premier lieu d'étudier la Suisse et la Belgique.

Dès 1860, le secrétaire de la CTG Alexandre Bertrand est en contact avec les grandes figures de l'archéologie suisse de l'époque : Ferdinand Keller de Zürich, Rodolphe Blanchet de Lausanne, Henri Fazy de Genève. En mars 1861, Alexandre Bertrand et Casimir Creuly se rendent en Belgique où ils nouent des liens avec différentes institutions, comme l'Institut archéologique liégois ou encore la commission royale des Monuments. Joseph Roulez, professeur de l'Université de Gand, devient correspondant de la CTG. Une large partie des territoires belge et suisse est donc inclue dans les travaux cartographiques de la Commission.

S'inspirer des travaux étrangers

Si le texte de Jules César, les Commentaires sur la guerre des Gaulesconstitue leur point d'entrée initial, les membres de la CTG dépassent rapidement ce cadre. Ils s'inspirent des travaux menés dans ces différents pays, comme en témoigne leur intense politique d'achat de cartes étrangères. Plus généralement, l'élargissement des chantiers de la CTG dans le courant des années 1860 amène ses membres à prendre part aux grands débats européens de la science archéologique naissante. Ils prennent position sur l'existence de l'Homme préhistorique, sur l'interprétation des sites lacustres suisses et sur les grandes nécropoles préromaines d'Italie du Nord.