Dans sa dimension actuelle, l’archéologie est progressivement passée de l’étude d’objets ou de sites à l’approche des espaces façonnés par l’homme. En tant qu’outil de représentation, de recherche, de gestion et même de gouvernance, la cartographie lui permet de travailler à plusieurs échelles tout en les associant dans une analyse imbriquée et complémentaire.

Des cartes…

L’archéologie, qui est spatiale par nature autant que par raison, produit ordinairement trois types de cartes.

Des cartes d’inventaires qui ont pour objet de répertorier des données diverses sur un espace déterminé. Des cartes d’analyse qui leur attribuent une signification qualitative, quantitative ou les deux à la fois, recourant à cet effet à des symboles graphiques. Enfin, des cartes de synthèse, qui superposent plusieurs cartes d’analyse et les confrontent dans le cadre d’études thématiques.

… et des données

La qualité des cartes archéologiques ne doit toutefois pas faire oublier les limites de leur réalisation. Elles sont par essence subjectives, car elles sélectionnent les données représentées. Elles peuvent donc être autant informatives que trompeuses si les prémisses de la sélection ne sont pas définies avec rigueur. Par ailleurs, la carte archéologique n’échappe pas au débat récurrent sur sa nature fondamentale : cartographie-t-elle la connaissance ou les lacunes de la connaissance ?

Ces aléas sont pris tout particulièrement en considération lorsque la cartographie est utilisée comme outil de gestion du patrimoine archéologique. Chargée de fournir aux services de l’État les informations nécessaires à l’accomplissement de ses missions ainsi qu’à la prise de décision, les cartes font l’objet de soins particuliers, dès lors qu’elles deviennent prédictives voire opposables.