Depuis les années 1990, l’archéologie de la Gaule a connu un développement spectaculaire. L’essor des fouilles d’archéologie préventive a provoqué un renouvellement complet de notre connaissance de l’occupation du sol, au cours des cinq siècles avant notre ère.

Des territoires densément occupés et prospères

L’image d’un riche pays agricole, aux paysages variés, s’impose : les campagnes sont parsemées de fermes et de domaines ruraux, ainsi que de petites agglomérations, qui sont souvent des centres économiques. Les territoires sont maillés par un réseau de forteresses de hauteur, dont certaines se développent sur des surfaces gigantesques pouvant atteindre plusieurs centaines d’hectares. Ces oppida sont des centres politiques, où se concentrent la production économique – avec notamment l’artisanat – et les échanges. Les fouilles récentes, comme celles de Corent ou de Bibracte, révèlent des habitats urbanisés, associés à des lieux de culte publics, souvent monumentaux. Il existe déjà de véritables industries, atteignant le stade de productions de masse, comme avec l’exploitation du sel de Lorraine.

Une nouvelle perception de la Gaule et des Gaulois

Les nouvelles recherches montrent que le développement de la Gaule décolle dans le courant du IIIe siècle avant J.-C. Il accompagne des mutations importantes à l’intérieur de la société gauloise, traditionnellement dominée par de petites aristocraties locales. La Gaule d’avant la Conquête romaine est riche, prospère, puissante ; on est bien loin désormais de l’image de cette Gaule grossière et arriérée, que nous a transmise l’Histoire.