Vers 180 av. J.-C., un groupe humain étoffé s'installe sur le plateau calcaire dominant d'une quarantaine de mètres un méandre de l'Aisne, sur la rive gauche. Les critères économiques, contrôle de la voie naturelle de communication, vastes herbages en vallée et terres légères agricoles du plateau, expliquent grandement ce choix. Les camps militaires établis au Second Empire (Sissonne, Aisne, Mourmelon et Suippes, Marne) donnent certainement une bonne image du paysage au IIe siècle av. J.-C. : une couverture forestière peu dense et de vastes étendues herbeuses ponctuées de bosquets d'épineux, le « savart » champenois.

Les arrivants n'ont pas été sans remarquer sur la première terrasse du plateau les vastes tertres funéraires, certains circulaires et d'autres allongés, de l'âge du Bronze final. Sur le plateau même un tumulus entouré d'un fossé circulaire d'une vingtaine de mètres de diamètre était encore remarquable par son élévation. Son caractère ostentatoire est évident puisqu'il était visible à des kilomètres de distance du Nord à l'Est. Ce tertre va jouer un rôle essentiel puisqu'il sera assimilé à une tombe de héros, d'ancêtre héroïsé – l’«héroon» grec – et sera pris comme point de référence pour tracer au sol le plan du village.