Le site de Dahchour, considéré comme une extension de la nécropole de Saqqarah, est situé sur la rive gauche du Nil, à environ 40 km au sud du Caire. Il s'y trouve un complexe funéraire appartenant à la XIIe dynastie, durant le Moyen Empire. Découvert par John Perring en 1839, il a été fouillé par Lepsius et Maspero avant que Jacques de Morgan n’y travaille.

Découverte

Le site est composé d’une pyramide principale, flanquée de sept pyramides latérales plus petites. Jacques de Morgan a été le premier à découvrir l’entrée de la pyramide, et à fouiller le caveau royal, attribué à Sésostris III. Il a aussi exploré une galerie desservant des tombeaux, dont quatre ont été attribués à une reine : Méreret, et à trois princesses : Senet-senebetes, Menet et Sithator. C’est là que Morgan a découvert d’impressionnants bijoux contenus dans deux coffres en bois incrusté d’or.

Trésor

Le trésor exhumé par Morgan consiste en une série de bijoux d’une grande virtuosité, fabriqués avec des matériaux rares et colorés : or, cornaline, émeraude, lapis lazuli ou encore améthyste. Des vases en argent et en albâtre complétaient cet ensemble.

Plus qu’un chercheur de trésor, Morgan est un scientifique. Il est conscient de la nécessité de publier non seulement un inventaire illustré des objets, mais aussi leur contexte de découverte. C’est le but de sa publication, Fouilles à Dahchour, pour laquelle il s’est entouré de spécialistes : l’égyptologue Gustave Jéquier pour l’épigraphie, Daniel Fouquet pour l’étude des restes humains, ou encore Marcellin Berthelot pour analyser la composition chimique des bijoux.

Médiatisation et reconnaissance

La découverte spectaculaire du trésor de Dahchour par Morgan a un écho retentissant dans la presse européenne : l’Illustration, mais aussi, en Angleterre, le Graphic et l’Illustrated London News relatent l’événement. En outre, ce succès valorise la recherche scientifique française et réaffirme sa présence sur le sol égyptien. Pour cela, Jacques de Morgan est décoré de la Légion d’honneur en 1896.