Retrouver un état antérieur

En  même temps qu’il fouille, Morgan multiplie les observations taphonomiques dans le but de reconstituer mentalement l’état de la tombe lors de l’inhumation du ou des défunts. Constatant une teinte verte sur certains os, il suppose que « les vêtements des hommes étaient ornés […] de plaques très minces de bronze, […] et que, par suite de sa décomposition, le métal n’ait laissé que des traces vertes sur les ossements ».

De même il observe une série de pierres en basalte, situées sous des ossements. Il en déduit que le défunt avait été placé par-dessus un tribulum, dont le bois s’était au fil du temps décomposé, ne laissant que les éléments en pierre.

Des pratiques funéraires

Il s’efforce aussi de réfléchir aux pratiques funéraires : il constate que chaque individu était inhumé avec des « objets lui ayant appartenu », et mentionne la présence de vases contenant des « aliments dont les restes étaient encore parfaitement reconnaissables ». Cela lui permet de conclure que cette société croyait en une « existence quelconque après la mort ».

Sa démarche est proche de celle de ses contemporains : à partir des objets déposés, il tente de déduire le sexe des individus : il attribue les tombes armées aux hommes et déduit une sépulture féminine de l’absence d’armes. Ce raisonnement est erroné : on connaît archéologiquement des exemples de tombes d’hommes sans armes et à l’inverse des tombes de femmes armées. Toutefois, cela prouve que Morgan comprend qu’il existe un lien étroit entre l’identité du défunt et la nature des objets déposés.