Des civilisations sans écriture

La région du Caucase, bien que montagneuse et a priori difficile d’accès, est peuplée dès le Paléolithique. Aux IVe et IIIe millénaires avant J.-C. se développent des peuples d’éleveurs et d’agriculteurs. On connaît ces civilisations sans écriture par les vestiges archéologiques qu’elles ont laissés. Au Nord : la culture de Maïkop atteste d’un développement précoce de la métallurgie, et au sud, la culture Kouro-Araxe se distingue par un type de récipient en céramique très spécifique que l’on retrouve aussi en Mésopotamie, attestant de contacts avec cette région.

Vers une hiérarchisation de la société

Entre les XVIe et IXe siècles av. J.-C., la civilisation qui peuple le Caucase et plus spécifiquement l’Arménie est fondée sur une économie agraire. Des systèmes d’irrigation permettent d’en améliorer le rendement. La région se caractérise alors par une orfèvrerie et un artisanat textile d’une grande technicité. Dans les tombes, la richesse plus ou moins importante du mobilier funéraire suggère une société hiérarchisée. Des textes datés du VIIIe siècle illustrent cela. Ils évoquent par exemple un royaume situé en actuelle Arménie : l’Eriakhi, dont la population serait structurée de manière fonctionnelle.

Le Caucase et l’Urartu

Entre les IXe et VIe siècles av. J.-C., le royaume de l’Urartu, au sud du Caucase, devient de plus en plus puissant. Il a pour principal rival l’Assyrie. Ses volontés expansionnistes le poussent à multiplier les campagnes militaires, notamment vers le Caucase, à l’époque composé d’un réseau de royaumes fédérés, tel que l’Etiuni, en actuelle Arménie. Malgré ses résistances, l’Etiuni est intégré à l’empire dans la violence : le pouvoir royal local est éliminé, les maisons pillées, et une partie de la population déportée.