Qu’est-ce que l’âge du Bronze ?

Au XIXe siècle, le danois Christian Jürgensen Thomsen remarque en étudiant les antiquités de son pays que les sociétés humaines locales avaient d’abord taillé la pierre avant de maîtriser la métallurgie : d’abord celle du bronze, puis celle du fer. De cette observation, il propose une division chronologique en trois âges : âge de la Pierre, âge du Bronze, âge du Fer. Cette classification est valable pour l’Europe et le Proche-Orient, mais n’est pas universelle : toutes les sociétés humaines du globe n’ont pas adopté ces mutations, et, pour celles qui l’ont fait, ces changements n’ont pas eu lieu partout au même moment.

Le raisonnement de Morgan

Jacques de Morgan observe dans la partie sud du Caucase l’absence de « stations ou de nécropoles pouvant être rapportées à l’état du bronze ». Il rapproche cela du manque de gisements d’étain dans la région, bien que le cuivre y existe. Or, ce sont là les deux métaux nécessaires pour produire du bronze. Morgan suppose donc que les populations anciennes ne pouvaient pratiquer la métallurgie du bronze. De plus, il présume que si le Caucase avait été un centre de production métallurgique, des réseaux d’échanges se seraient tissés avec l’Assyrie, au sud, et que les textes historiques auraient évoqué cet aspect. Il fonde donc son raisonnement sur une absence de preuves.

Au-delà des intuitions de Morgan

Après les expéditions de Morgan, les travaux de terrain se poursuivent, menés notamment par des équipes russes qui mettent peu à peu au jour des vestiges permettant de prouver une production locale de bronze, à partir de cuivre local et d’étain importé. Des objets sont ainsi manufacturés, qui dénotent un savoir-faire métallurgique. Il ne concerne pas uniquement le bronze mais aussi le cuivre, l’argent et l’or. Les travaux de Claude Schaeffer portant sur la stratigraphie du Proche-Orient ont abouti à une datation plus affinée de l’âge du Bronze.