Des comparaisons

Dans sa Mission scientifique au Caucase, Morgan évoque des similitudes entre les objets qu’il a découverts dans les sépultures arméniennes et du mobilier d’autres régions. Des poignards présentent « des analogies frappantes avec ceux usités chez les Assyriens au VIIIe siècle. » et « les perles de verre sont du genre de celles qui furent retrouvées en Chaldée et en Assyrie ». D’autres régions sont plus éloignées : certaines épingles du Caucase sont similaires à celles trouvées à Troie. Au sujet de boutons, Morgan signale que : « des objets semblables ont été trouvés […] en France ».

Des influences extérieures ?

Toutes ces comparaisons ne sont pas synonymes de contacts. Certaines ressemblances, notamment avec des régions très éloignées, peuvent tout à fait être le fruit du hasard. Cependant, Morgan s’interroge au sujet des liens entre le Caucase et le Proche-Orient. Il parle d’influence venue d’Assyrie ou de l’Iran, et évoque des relations commerciales attestées par des textes pour le XIIe siècle av. J.-C. Il démontre l’importance de ne pas considérer les régions isolées, mais de les replacer dans un contexte plus large.

La métallurgie à l’origine des échanges ?

Morgan comprend que l’Arménie se situe au carrefour de zones importantes pour la métallurgie : notamment, le Nord de l’Anatolie, la Mésopotamie et la partie Nord du Caucase. Des études récentes confirment cela, et suggèrent que c’était le cas bien avant l’âge du Fer (qui est la période étudiée par Morgan) : il semblerait que la métallurgie du cuivre, qui se développe dans le Caucase, aurait encouragé les Mésopotamiens à échanger avec leurs voisins caucasiens, dès 3800 av. J.-C. environ.