La vallée du Jawf, au nord-est de Sana'a, longue d'une centaine de kilomètres et encaissée entre deux lignes de montages à une altitude moyenne de 1100 m, suit une orientation nord-ouest sud-est.

Le Jawf

Le fleuve Madhâb - communément dénommé Jawf, recevant de part et d'autre de nombreux affluents, les wâdis Maslûb, as- Saghî, Kharab, Magzir, etc. irrigue un ruban d'oasis long d'une centaine de kilomètres. Puis il disparaît à l'ouest sous les sables du désert de Sab'atayn avant de resurgir dans la vallée du Hadhramawt.

Le fleuve Madhâb (Jawf), en crue. 1989 © Mission archéologique française dans le Jawf. Cl. Jean-François Breton

Le fleuve Madhâb (Jawf), en crue. 1989 © Mission archéologique française dans le Jawf. Cl. Jean-François Breton

Les établissements de la vallée

Ce milieu fertile attire l'installation d'établissements échelonnés à intervalles irréguliers, sans doute dès la fin du second millénaire av. J.-C. Mentionnons, d'ouest en est, les villes de Nashqâm (la moderne al-Baydâ'), de Nashshân (as-Sawdâ'), Kaminahû (Kamna), Haram (Khirbat Hamdân) Qarnâ (Ma'în) ) et Innaba. Puis la vallée s'élargit au sud-est au niveau des cités de Yathill (la moderne Barâqish) et Kutal (la moderne Jidfir ibn Munaykhir).

Tous ces établissements profitent des crues saisonnières (principalement en été) pour mettre en valeur des territoires agricoles contigus. Vers le IXe ou VIIIe siècles av. J.-C., ils lancent d'ambitieux programmes d'architecture civile et religieuse, témoignant ainsi de leur prospérité.