Les carmélites au jardin par Guillot, vers 1770.   © Musée d'art et d'histoire de la Ville de Saint-Denis
État actuel du cloître de l'ancien Carmel. © UASD.

Les carmélites au jardin par Guillot, vers 1770.

© Musée d'art et d'histoire de la Ville de Saint-Denis

État actuel du cloître de l'ancien Carmel. © UASD.

L'ancien Carmel, affecté depuis 1981 au musée d'Art et d'Histoire, est aujourd'hui le témoin architectural le plus éloquent des cinq couvents qui, au XVIIe siècle, se sont installés à Saint-Denis. 

La première pierre de l'église est posée en 1628 par Marie de Médicis. Les bâtiments claustraux disposés autour d'une cour carrée, n'ont qu'un étage, surmonté d'un comble éclairé par des lucarnes. Au rez-de-chaussée, la salle du chapitre, le réfectoire et les autres salles communes sont disposées autour des galeries du cloître incorporées au bâtiment ; à l'étage se trouvent les infirmeries et le dortoir dont les cellules sont desservies par un couloir. Un vaste jardin pourvu d'oratoires et de statues pieuses dépend du couvent ; il comprend des parterres de fleurs, des allées d'arbres d'agrément, un potager et un verger.

Le Carmel est devenu célèbre pour avoir compté, comme simple religieuse puis mère supérieure, Louise de France (1770-1787), fille de Louis XV. À son instigation l'établissement est doté d'une nouvelle chapelle construite sur les plans de Richard Mique, architecte du roi. Louis XV rendant souvent visite à sa fille, on lui construit un pavillon particulier, greffé sur l'angle sud-est du couvent.

À la Révolution, les carmélites sont dispersées. Le bâtiment est transformé en caserne et le jardin, devenu bien national, est proposé à la location. Il est acquis par le pépiniériste parisien Descemet. En 1803, son catalogue compte 52 variétés de pommiers, 58 de pruniers et 115 de poiriers.