Suger aux pieds de la Vierge, dans l'Annonciation du vitrail de l'Enfance du Christ, 1144. © Monuments Nationaux.

Suger aux pieds de la Vierge, dans l'Annonciation du vitrail de l'Enfance du Christ, 1144. © Monuments Nationaux.

Suger est vraisemblablement issu d'une famille dionysienne qui, au XIe siècle, fut très liée avec les abbés de Saint-Denis. Il est peut-être même le fils illégitime de l'abbé Yves Ier qui, officiellement accusé de simonie, périt assassiné vers 1094.

En 1091, Suger, âgé de dix ans, est "donné" au monastère. Il passe dix ans à Saint-Denis-de-l'Estrée, l'école de l'abbaye, où il étudie en compagnie du futur Louis VI. Comme prévôt du prieuré de Berneval en Normandie, il participe à la réorganisation des domaines monastiques. À Toury en Beauce il bénéficie de l'aide du roi pour soustraire les biens de l'abbaye à la rapine d'Hugues du Puiset.

Détail de la porte du portail central de la basilique où Suger s'est fait représenter à genou devant les pèlerins d'Emmaüs. Dessin de Roger de Gaignières (1642-1715), BNF Cabinet des manuscrits.
Suger aux pieds du Christ, sur le tympan du portail central, 1140. © UASD / O. Rolland.

Détail de la porte du portail central de la basilique où Suger s'est fait représenter à genou devant les pèlerins d'Emmaüs. Dessin de Roger de Gaignières (1642-1715), BNF Cabinet des manuscrits.

Suger aux pieds du Christ, sur le tympan du portail central, 1140. © UASD / O. Rolland.

En 1122, il est élu abbé de Saint-Denis. Pour répondre aux critiques du cistercien Bernard de Clairvaux , il commence par imposer aux moines une plus stricte observance de la règle bénédictine et rétablit la clôture qui interdit aux visiteurs d'accéder au cloître. Suger devant les pèlerins d'Emmaüs, porte du portail central de la basilique. Parallèlement, moyennant une somme de 200 livres, il libère les habitants de Saint-Denis et du bourg Saint-Marcel, de certaines obligations liées au servage et notamment la mainmorte , taxe prélevée lors des successions. Puis il met en chantier la reconstruction des bâtiments communautaires et l'agrandissement de l'église abbatiale.

Conseiller très influent des rois Louis VI le Gros (1108-1137) et Louis VII le Jeune (1137-1180), Suger devient même régent du royaume en 1147. En rédigeant la Vie de Louis VI le Gros, il inaugure la vocation historiographique de l'abbaye. Il y ajoute deux récits qui relatent son œuvre d'administrateur des domaines monastiques et les cérémonies de consécration de son église.