Syrie - Il y a 2 300 ans

Europos-Doura

C'est l’histoire tourmentée d’Europos-Doura qui en fait un site majeur. Comme Pompéi dont la vie s'est brutalement interrompue, les fouilles ont livré intacte l’image de la civilisation qui s'est développée en Syrie dans une période qui vit l’hellénisation de l’Orient, la confrontation des empires romain, parthe et sassanide et les débuts du christianisme.


Vue aérienne de la ville antique de Doura Europos, en Syrie
Vue aérienne de la ville antique de Doura Europos, en Syrie

Vers 300 avant notre ère, un fortin macédonien nommé Europos est fondé par Séleucos Ier, l’un des généraux d’Alexandre le Grand, sur l’emplacement d’un fort plus ancien.

Du fortin à la ville cosmopolite

Europos était le nom du village natal de Séleucos, et le terme Doura qui lui est accolé par la suite signifie « forteresse ». 150 ans plus tard, ce fortin est transformé en ville. Les vestiges de cette dernière s’étendent sur 75 hectares et s’inscrivent à l’intérieur de remparts. Europos-Doura est bâtie autour d’une vaste agora, selon un plan régulier hippodaméen. Les fortifications en pierre ne sont mises en chantier qu’au milieu du IIe siècle, mais restent inachevées.

La ville présente des institutions grecques, dont une boulè, une assemblée restreinte de citoyens chargés des lois de la cité. Vers 110 av. J.-C., Europos-Doura tombe aux mains des Parthes, mais connaît une grande expansion. Elle devient alors une cité cosmopolite, où populations grecque, iranienne et sémite vivent ensemble.

La ville romaine

Europos-Doura est occupée à partir du IIe siècle ap. J.-C. par les Romains, notamment l’empereur Trajan. Le site confirme son importance militaire et abrite de nouveaux monuments : une quinzaine de sanctuaires, dont un temple dédié à Mithra, un amphithéâtre, des thermes. Le site est également célèbre pour sa synagogue achevée en 244 et des maisons chrétiennes ornées de splendides fresques, qui ont fait sa renommée.

Vers 256, la ville est prise par les Sassanides qui en déportent toute la population. Le site n’est plus occupé et tombe dans l’oubli.

Les recherches sur le site

La ville d’Europos-Doura, découverte en 1920, fut explorée par une mission française dirigée par Franz Cumont (1922-1923), puis par une mission américano-française dirigée par Mikhaïl Rostovtzeff (1928-1937). Les missions reprennent en 1986 après 50 ans d’abandon, à l’initiative de Pierre Leriche qui crée la Mission Franco-Syrienne d’Europos-Doura, en partenariat avec le Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères et la Direction des Antiquités de Syrie. La dernière campagne a eu lieu au printemps 2011 et depuis le site est inaccessible.

La lutte contre le vol et le trafic illicite des biens culturels est l'une des priorités du ministère de la Culture, qui prête une grande attention à l'ensemble de ces problématiques, notamment par son rôle régalien de contrôle de la circulation des biens culturels.

 

En savoir plus :

https://sites.google.com/site/europosdoura/

Vue aérienne du site d’Europos-Doura. Vue vers le sud-ouest
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Vue aérienne du site d’Europos-Doura. Vue vers le sud-ouest
© MFSED
Vue vers le nord-est de la citadelle d’Europos-Doura
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Vue vers le nord-est de la citadelle d’Europos-Doura
© MFSED
Vue du Bouleuterion-odéon du temple d’Artémis
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Vue du Bouleuterion-odéon du temple d’Artémis
© MFSED
Restitution en axonométrie de la Résidence du Stratège et épistate Lysias
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Restitution en axonométrie de la Résidence du Stratège et épistate Lysias
Dessin S. de Pontbriand© MFSED
Vue vers le sud-est de la façade à bossages du Palais du Stratège
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Vue vers le sud-est de la façade à bossages du Palais du Stratège
© MFSED
Bas-relief représentant le dieu sémitique Aphlad.
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Bas-relief représentant le dieu sémitique Aphlad.
Musée National de Damas © MFSED
Musée de site installé en 2005 dans des maisons d’époque romaine reconstruite à l’identique
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Musée de site installé en 2005 dans des maisons d’époque romaine reconstruite à l’identique
© MFSED
Vue vers l’est de la porte principale de la ville dite Porte de Palmyre
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Vue vers l’est de la porte principale de la ville dite Porte de Palmyre
© MFSED