Dans le Sud de l’Irak, au cœur de la plaine alluviale mésopotamienne, une nouvelle culture sédentaire apparaît vers 6500 avant J.-C, la culture d’Obeid. Celle-ci connaîtra une expansion sur une grande partie du Proche-Orient ancien.

La culture d’Obeid

Les premières traces de la culture d’Obeid ont été mises aux jours sur le site de Tell el ‘Oueili au sud de la Mésopotamie. Elle se caractérise par une architecture de plan tripartite, vouée à une grande postérité. La céramique à pâte beige et décors peints (noirs ou brun foncés) est l'élément matériel le plus notable de cette culture. Les productions artistiques sont de grande qualité et peuvent être illustrées par les figurines en terre cuite dites « ophidiennes ».

Vers 5300 avant J.-C. (Obeid 3), la succession de grands bâtiments retrouvés à Eridu, et sur d’autres sites, indique l’émergence d’une élite sociale. Un certain nombre de ces traditions obeidiennes se diffusent sur une zone très importante, traduisant une dynamique d’expansion culturelle s’étendant du Levant au golfe Persique.

Une acculturation des sociétés nord-mésopotamiennes ?

Dans la région de Tell Feres, la culture de Halaf (VIe millénaire) disparaît progressivement en adoptant certains traits culturels obeidiens, phénomène aboutissant pour la première fois à une homogénéisation culturelle de la Mésopotamie. La recherche récente a montré la nécessité d’appréhender ce phénomène dans une perspective fortement régionalisée, impliquant des modalités complexes d’adaptation et d’acculturation. La culture d'Obeid témoigne aussi d’une accentuation de la hiérarchisation sociale.