L’histoire de la période islamique s’écrit sur l’abrogation de conflits successifs entre dynasties représentées par des tribus dont la légitimité remonte à la période préislamique et par la lutte contre les envahisseurs étrangers.

La période ayyûbide (1174-1229)

Le règne des Ayyûbides au Yémen correspond à une courte période d’aspiration à la paix. Pour la première fois dans le Yémen islamique, une puissance étrangère parvenait au pouvoir. Cependant l’occupation ayyûbide fut plus une présence maintenue par la force armée qu’une assimilation. Ce fut l’œuvre du sultan ayyûbide Salah al-Din, ministre du calife fatimide d’Égypte, qui confia le Sud de l’Arabie à son frère Tûrânshâh.

Les Rasûlides (1229-1454) : l’organisation de l’unité

À la mort du dernier gouverneur ayyûbide du Yémen, Masʿud, en 1229, ʿUmar Ibn al-Rasûl devint le maître de tout le pays. Ce nouveau régime fut reconnu officiellement en 1234 par le califat abbasside de Bagdad.

Sur les avancées de ses prédécesseurs ayyûbides, la nouvelle dynastie s’employa à construire un État et parvint à instaurer la seule unification du pays depuis le début de son histoire. Grâce à une administration omniprésente, l’État rasûlide exerçait le contrôle des territoires et des marchés. Ses archives témoignent d’une maîtrise administrative de la part d’agents instruits mais aussi du grand nombre de savants en histoire, médecine, astronomie, littérature et agriculture.

Parce que les sultans rasûlides étaient en relation avec les cours de Dahlak, d’Égypte, d’Irak, de l’Inde, de l’île de Ceylan et même de Chine, le Yémen devint une entité politique parmi les puissances de l’Orient.

L’avènement des Tâhirides

Le long règne de 225 ans des Rasûlides se disloqua à la mort du huitième dynaste, al-Nâsir Salah al-Dîn Ahmad. Après Taʿizz, Zabîd subit plusieurs offensives et requit l’aide le gouverneur d’Aden, ʿAmir ibn Tâhir. Prendre la ville de Zabîd fut pour lui l’occasion de s’emparer du pouvoir en 1454 et de fonder la dynastie des Tâhirides (1454-1517).