À l’âge du bronze, les hommes cherchent à se représenter. Pour cela, ils ont eu recours à deux modes de représentation du corps : les statues-menhirs et les statuettes anthropomorphes.

Les statues-menhirs : guerriers ou gardiens de pierre ?

Dans le Hadramawt, des plaques de calcaire gravées ont été retrouvées isolées ou en groupes, parfois associées à des cercles de pierre et des tumuli. Leur hauteur dépasse rarement le mètre et les motifs sont incisés ou travaillés au percuteur. Appelées statues-menhirs, elles représentent toutes des figures anthropomorphes masculines. Seule la partie supérieure de la statue-menhir est travaillée car la partie basse, destinée à être enfouie, est restée brute.

Les statues-menhirs nous donnent un aperçu très réaliste des hommes de cette période. La figuration d’un poignard sur leur abdomen pose la question de l’autorité et des relations entre les groupes de la région. Cet objet de pouvoir n’a à ce jour jamais été retrouvé dans les tombes-tours.

Les statuettes anthropomorphes : représentation figurative des ancêtres ?

Un corpus de douze statuettes anthropomorphes a été découvert au Yémen. Mesurant entre 17,5 et 40 cm, elles sont destinées à être posées sur un support et non plantées comme les statues-menhirs. Toutes masculines à l’exception d’une, un bandeau dessine une ceinture et un cordon barre le torse à la manière d’un baudrier. Le matériau privilégié est le granit ; dans le Hadramawt, la roche calcaire locale a été utilisée, recouverte de pigments rouges et noirs.

Les qualités stylistiques et techniques démontrent l’habilité du sculpteur, possesseur d’un savoir-faire transmis de maître à élève. L’expressivité des visages, les détails des parures et les attributs donnent une idée précise de l’apparence et de la tradition vestimentaire des hommes et d’une femme dans le courant des IVe-IIIe millénaires av. J.-C. Les caractéristiques stylistiques varient d’une région à l’autre et permettent de distinguer des cultures locales.