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  • Les grands explorateurs au pays du café (XVIe-XVIIIe s.)

Le Yémen n’a jamais été un exportateur significatif de produits agricoles mais il existe cependant une exception à l’époque moderne qui attira très fortement les Européens : le café.

Une boisson énergisante et mystique

Sa consommation commence dans les cercles mystiques des régions côtières du Yémen, car elle permet de garder l’esprit lucide pendant les exercices pieux de la nuit. La tradition en date l’apparition à la fin du XIVe siècle ou au début du XVe. La réputation du café se répand en Égypte au XVIe siècle. À cette époque, on consomme aussi bien la graine que la cosse, avec laquelle on prépare une décoction.

La découverte du café par les Européens

Le premier ouvrage publié en Europe faisant mention de la plante serait un traité de botanique publié par Prosper Alpinus à Venise en 1592. Au début du XVIIe siècle, la boisson préparée avec la graine du café est introduite en Europe occidentale. La première mention d’achat de café par des Européens date de 1628 mais sa vogue devient surtout considérable à partir des années 1660.

L’exploitation et le commerce

Le café est alors cultivé sur le versant occidental des montagnes du Yémen, au-dessus de Zabîd, Bayt al-Faqîh et al-Hudayda. Il est connu en Éthiopie mais ne semble pas y être exploité et il n’a pas encore été acclimaté en Amérique ou aux Indes. D’abord exporté vers l’Europe par les marchands turcs et arabes d’Égypte, le café est bientôt acheté sur place par les grandes compagnies européennes. C’est au port d’exportation principal de Mokka (al-Makhâ), que les vaisseaux anglais de la Compagnie des Indes orientales vont commencer à s’amarrer en 1609, bientôt suivis par les Hollandais qui seront les premiers à y établir un comptoir en 1616. Les Français lancent deux expéditions en 1708 et 1713 dans l’objectif d’établir là aussi de nouveaux comptoirs.

Cette success-story s'arrêta brutalement lorsque le café fut acclimaté dans les colonies européennes d’Amérique et d’Asie méridionale. Vers la fin du XVIIIe siècle, les navires européens se firent rares dans le port de Mokka.