Prolongement du grand erg du Rubʿ al-Khâlî, qui occupe le quart de la péninsule Arabique, le désert central yéménite est une région hyperaride, dépourvue de végétation et parcourue de dunes.

Un vaste désert de sable

Le désert yéménite, le Ramlat as‑Sab’atayn, forme un triangle large de 200 km. Il est bordé à l’ouest par la montagne yéménite, dont les vallées viennent se perdre dans ses sables, à l’est par le plateau calcaire du Hadramawt et au nord par l’erg du Rubʿ al-Khâlî, le 'désert des déserts' que célébrait l’explorateur britannique Wilfred Thesiger. Les longues dunes de cet erg sont séparées par des couloirs inter-dunaires qui offrent des voies de circulation privilégiées pour entreprendre sa traversée.

Quand le désert était vert

Les étendues de sable qui s’observent aujourd’hui n’ont pas toujours été. Ce qui n’est désormais qu’une aire hostile au peuplement fut, à différentes périodes de la préhistoire, une zone ponctuée de lacs. Elle était traversée par un long cours d’eau aux affluents nombreux qui parcourait la région, joignant les vallées actuelles du Jawf à l’ouest au wadi Hadramawt à l’est. Le paysage était celui d’une savane humide. Le dernier épisode humide débute il y a 9 000 ans et s’achève il y a 5 000 ans. Ce n’est qu’alors que les lacs s’asséchèrent, que les cours d’eau se tarirent et que le désert s’étendit pour prendre la forme que nous lui connaissons. Cela explique la présence d’un grand nombre de sites préhistoriques dans cette région.