En Île-de-France, l'apparition de la tuile plate semble étroitement liée à l'adoption, au cours du Moyen Âge, des toits à forte pente. À Saint-Denis, les plus anciens exemples sont issus d'un contexte archéologique de la fin du XIIe siècle. Le module, épais de près de 2 cm, mesure 31 cm de long sur 19 cm de large. Il est doté d'un dispositif de fixation comprenant un ergot, modelé au pouce par le tuilier, et un trou destiné à recevoir soit un clou de fer, soit une cheville de bois.

Face supérieure (à gauche) et face inférieure (à droite) d'une tuile plate médiévale. © UASD / J. Mangin.
Fragments de tuiles plates glaçurées dont un bichrome ; XIIIe siècle. © UASD / J. Mangin.

Face supérieure (à gauche) et face inférieure (à droite) d'une tuile plate médiévale. © UASD / J. Mangin.

Fragments de tuiles plates glaçurées dont un bichrome ; XIIIe siècle. © UASD / J. Mangin.

Au XIIIe siècle, apparaissent dans les couches archéologiques des fragments de tuiles glaçurées. Habituellement seul le pureau, correspondant aux 2/5e visibles de la tuile, est glaçuré. La glaçure utilisée est de couleur jaune ou verte, mais on note également des tons brun et vert olive. Des tuiles bichromes ont également été découvertes, chacune marquée d'une ligne incisée séparant les deux couleurs. Ces tuiles constituaient les pièces d'un puzzle que les couvreurs devaient assembler sur le toit pour former de grands motifs plus ou moins complexes.

L'usage de ces tuiles polychromes était sans doute réservé aux toitures des églises de l'ensemble monumental ou aux bâtiments du monastère. Ainsi, en l'année comptable 1284-1285, sont dépensées pour la domus, à savoir les bâtiments communautaires, 47 livres pour l'achat de "tuiles rouges et vernies au plomb"(Pro tegulis rubeis et plombatis, XLVII lb.).