Restitution de l'ensemble monumental. État au XIIIe siècle   © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.
Plan de l'ensemble monumental. État au XIIIe siècle  © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Restitution de l'ensemble monumental. État au XIIIe siècle

© Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Plan de l'ensemble monumental. État au XIIIe siècle 
© Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Achèvement du programme architectural

L'abbatiale de Suger est restée inachevée et l'on peut supposer que l'ancienne nef carolingienne, vieille de quatre siècles, commençait à menacer ruine. C'est pourquoi l'abbé Eudes Clément du Mez décide, en 1231, d'entreprendre sa reconstruction. Les deux roses du transept constituent sans doute la réalisation la plus spectaculaire de ce chantier qui a bénéficié de la présence du célèbre architecte Pierre de Montreuil. Ces travaux nécessitent le remaniement de la plupart des sépultures royales. En 1264, les corps sont rassemblés sous la croisée du transept. Seize gisants de la "Commande de Saint Louis" exposent, dans une mise en scène symbolique, la continuité dynastique où huit Carolingiens précèdent autant de Capétiens. C'est le commencement du fameux "cimetière des rois". L'église est achevée en 1281. Dans le monastère, cette période d'opulence s'est également traduite par la reconstruction de la plupart des bâtiments communautaires. De même, avec la construction des églises Sainte-Geneviève, Saint-Michel-du-Charnier et La Madeleine, le cadre architectural du grand cimetière de l'abbaye arrive à son extension maximale. Ce n'est qu'en 1242, qu'est citée pour la première fois Saint-Jacques, église située au sud de l'abbaye et réservée aux serviteurs des moines.

La dynamique urbaine

Avec la densification de son habitat, le bourg monastique affiche sa prééminence sur les autres agglomérations périphériques. Rapidement, l'extension urbaine déborde du mur d'enceinte dont les fossés s'envasent progressivement. Toutefois, le Croult, le canal qui les alimentait, est conservé, endigué par des palissades soigneusement entretenues. En tant qu'équipement hydraulique, cette rivière joue un rôle moteur dans la vie économique du bourg. Progressivement ses abords se transforment en un secteur d'activité artisanale. La qualité de l'eau favorise tout particulièrement la draperie et la tannerie. En 1229, l'abbaye fait édifier une deuxième halle ce qui l'oblige à transférer l'ancienne geôle de la ville à la porte Compoise qui deviendra le châtelet.

Les faubourgs

La ville se développe aux portes du castellum et le long des quatre voies d'accès. Elle rejoint les agglomérations de Saint-Marcel, de l'Estrée et de Saint-Remi. La "terre de Saint-Marcel" nous est mieux connue car elle est documentée par un fonds d'archives renfermant de nombreuses pièces relatives aux litiges qui continuent à opposer l'abbaye aux seigneurs de Montmorency. Les décisions de justice, qui portent essentiellement sur la voirie, témoignent du commerce intense qui a dû profiter au développement de ce faubourg. L'église Sainte-Croix, citée en 1205, résulte probablement d'un démembrement de la paroisse Saint-Marcel. Quant à l'église Saint-Nicolas-des-Aulnes, qui doit se trouver entre la Seine et l'Estrée, on ignore encore son emplacement exact.

Apogée économique

En 1294, les seigneurs de Montmorency cèdent à l'abbaye le bourg Saint-Marcel. Dorénavant les religieux sont les seuls maîtres de la ville et de son territoire. Malgré l'épidémie de la Peste Noire de 1348, le XIVe siècle reste une grande période de prospérité pour la ville dont l'expansion va de pair avec l'accroissement de ses activités. Entre 1300 et 1360, la foire du Lendit est à son apogée. Dans la ville l'activité de construction se maintient et l'emploi de la pierre de taille se généralise dans l'architecture civile. Aux abords de l'ensemble monumental, plusieurs celliers voûtés sont construits en bel appareil. En 1328, on recense 2351 feux à Saint-Denis, soit près de 10 000 habitants. À la même époque, Paris en compte près de 200 000.