Morts en 1267, en 1287, vers 1318.

Le chantier de reconstruction de l'église abbatiale mobilise une main-d'œuvre nombreuse et souvent très diversifiée. D'après les comptes de la commanderie de l'abbaye, la pierre et le bois, les deux principaux matériaux de construction, sont confiés à des maîtres maçons et des maîtres charpentiers. 

Pour le chantier de leur abbatiale, les moines de Saint-Denis font appel à une dynastie de maître d'œuvre réputés : Pierre, Eudes et Raoul de Montreuil. Ces derniers s'acquittent de leur fonction en assumant tout à la fois le rôle d'architecte et de coordinateur des travaux. Au regard de la complexité technique des constructions gothiques, on comprend aisément que le savoir théorique de ces maîtres repose essentiellement sur une connaissance approfondie des lois de la géométrie et de l'arithmétique.

Pourtant, dans la pratique, les bâtisseurs se servent de moyens relativement restreints comme ceux qui figurent sur la pierre tombale du maître Guérin inhumé en l'église Saint-Marcel : fil à plomb, règle, truelle et marteau taillant. Il convient d'y ajouter le cordeau, le compas, l'équerre et les gabarits destinés à la taille des pierres en atelier.

Pour monter les matériaux sur l'édifice en cours de construction, l'extrait de compte de 1290-1291 cite un engin de levage sur les voûtes de l'église qui a pu correspondre à un cabestan ou une "cage d'écureuil" actionnée par des hommes placés à l'intérieur. 

Les charpentiers travaillant à la basilique, d'après La vie de monseigneur saint Denis du moine Yves, vers 1317 (BNF, ms. fr. 2091, f° 75v°). © BNF.
Relevé de la dalle funéraire de maître Guérin, inhumé au XIIIe siècle en l'église Saint-Marcel à Saint-Denis, par François de Guilhermy, en 1875.

Les charpentiers travaillant à la basilique, d'après La vie de monseigneur saint Denis du moine Yves, vers 1317 (BNF, ms. fr. 2091, f° 75v°). © BNF.

Relevé de la dalle funéraire de maître Guérin, inhumé au XIIIe siècle en l'église Saint-Marcel à Saint-Denis, par François de Guilhermy, en 1875.