Proposition de restitution du tombeau.  © UASD / M. Wyss.
Détail du priant féminin en calcaire peint.   © UASD / E. Jacquot.

Proposition de restitution du tombeau. 
© UASD / M. Wyss.

Détail du priant féminin en calcaire peint.

© UASD / E. Jacquot.

Remployé dès 1600 comme matériau de construction dans les fondations de l'église des Trois-Patrons, le monument funéraire d'un couple de bourgeois de Saint-Denis nous est malheureusement parvenu sans l'épitaphe qui aurait permis d'en identifier les personnages. Un fragment, enfoui sous les décombres de l'église Sainte-Geneviève, laisse supposer que ce tombeau ornait originellement les parois de cet édifice antérieur, démoli pour permettre la construction de l'église des Trois-Patrons.

Le monument, formé d'un assemblage de dalles sculptées, mesure 3 m de haut. Il représente deux priants se faisant face, sous l'archange Michel terrassant le dragon. L'homme, revêtu d'un manteau ouvert par-devant, a ôté son couvre-chef pour le poser par terre. La femme, coiffée d'un chaperon à bavolets, porte une robe et un manteau de fourrure ; une patenôtre est suspendue à sa ceinture et un petit animal la regarde en tournant la tête. Le riche cadre architectural comprend un entablement portant la formule : RESPICE FINEM, « songe à la fin ». Il est surmonté d'un putto arborant des bandes perlées. 

Toutes les surfaces sculptées du relief sont peintes. La palette du peintre comprend du jaune, du brun rouge, de l'orange, du bleu, du noir et du blanc. Les chapiteaux sont dorés. Par son style, ce tombeau est approximativement daté des années 1520 et se rattache à la production de la première Renaissance.