État actuel de la maison des Arbalétriers.  © Ville de Saint-Denis / G. Monico
Séchoir sur une toile de Jouy représentant les travaux de la manufacture.  © Josette Brédif.

État actuel de la maison des Arbalétriers. 
© Ville de Saint-Denis / G. Monico

Séchoir sur une toile de Jouy représentant les travaux de la manufacture. 
© Josette Brédif.

En 1772, Rodolphe Ebinger, ancien ouvrier d'Oberkampf, le célèbre fabricant de toiles peintes de Jouy-en-Josas, crée une manufacture établie en bordure du Croult. Les opérations de lavage, d'apprêtage, d'impression et de séchage, liées à la confection de toiles peintes, nécessitent la proximité d'une eau abondante et des locaux spacieux. Sous la Révolution, le fabricant acquiert un jardin attenant à l'ancienne manufacture de cuir pour y construire un séchoir, appelé par la suite « Maison des Arbalétriers ».

Cet édifice, réhabilité en 1985, est l'ultime témoin de cette manufacture. Le séchoir, édifice en charpente, est constitué d'une pièce unique haute de 9,50 m. Des abats-vents, assemblés entre les poteaux, et le fort débord du toit assuraient l'aération du local. L'un des poteaux corniers servait originellement de noyau à un escalier à vis qui permettait d'accéder au vaste comble. Doté d'une passerelle et d'un plancher, il formait une sorte de grille à laquelle on suspendait les toiles à sécher longues de plus de 17 m. Le bâtiment semble tirer son nom des arbalétriers, bien visibles en raison de l'ample débordement du toit. En 1805, la Manufacture Ebinger emploie 500 ouvriers qui produisent 22 000 toiles imprimées par an.