Restitution de l'ensemble monumental. État au début du XIe siècle © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.
Plan de l'ensemble monumental. État au début du XIe siècle  © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Restitution de l'ensemble monumental. État au début du XIe siècle © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Plan de l'ensemble monumental. État au début du XIe siècle 
© Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

L'abbaye se met à l'abri

La première fortification de Saint-Denis est commanditée en 869 par Charles le Chauve pour protéger le monastère des raids vikings ; elle est aujourd'hui documentée, non seulement par les sources écrites, mais également par l'archéologie. En confiant à un représentant militaire la protection de ce qui devient un castellum, le roi prend une décision qui doit constituer une grave intrusion dans la vie spirituelle du monastère. Les moines démontrent que l'enceinte a été construite sur une terre qu'ils possédaient anciennement et obtiennent, en 898, que leur privilège d'immunité porte à nouveau sur les terres situées à l'intérieur du castellum.

Établissement d'un collège de chanoines

À la suite d'une réforme de l'abbaye bénédictine, confiée par Robert le Pieux (996-1031) à l'abbé Odilon de Cluny, un collège de chanoines, probablement issu d'une partie de la communauté des moines, s'implante dans l'église Saint-Paul.

Déclin de la présence royale

Progressivement, le castellum Sancti Dionysii devient un bourg qui prospère à l'abri des remparts. En 1008, le roi cède à l'abbé "la justice du sang", c'est-à-dire le droit de condamner à mort sur le bourg et son territoire. L'abbaye parvient alors à se constituer en seigneurie banale : elle a pouvoir de commandement, d'ordre militaire, fiscal, judiciaire et économique. Aussitôt, les moines entrent en rivalité avec les seigneurs de Montmorency qui ont développé leur châtellenie aux portes du castellum, sur la « terre de Saint-Marcel ». En même temps, le roi qui tenait sa cour trois fois l'an à Saint-Denis, à l'occasion des grandes fêtes religieuses, y renonce. Il restitue aux moines la résidence, domus, qu'il possède près de la basilique, avec toutes ses dépendances.

Sur le terrain, les bâtiments du palais disparaissent progressivement pour laisser place à une extension de l'habitat civil et du cimetière. Les églises funéraires subissent d'importants remaniements architecturaux, sans doute liés à leur nouveau statut de paroisse. Les galeries qui les reliaient sont détruites et remplacées par des murs formant avec les églises une enceinte ecclésiale autour de laquelle l'habitat vient s'agglomérer.

Agglomérations périphériques

Aux abords du castellum se développent d'autres noyaux d'habitation, implantés en raison de la présence soit d'une église, soit d'une voie de communication. À Saint-Marcel, on rapproche le cimetière de l'église paroissiale édifiée à une certaine distance de la nécropole mérovingienne. À côté de l'église Saint-Martin, l'abbaye fonde le prieuré de Saint-Denis-de-l'Estrée ; avec les églises Saint-Remi et Saint-Quentin elle servira, au XIe siècle, de points de repère pour délimiter le territoire de l'exemption de l'abbaye qui soustrayait Saint-Denis à l'autorité de l'évêque de Paris.