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  • La basilique carolingienne au cour de la cité monastique (IXe siècle)
Restitution hypothétique de la basilique carolingienne, de la chapelle d'Hilduin et des bâtiments conventuels.  © Ministère de la culture / M. Wyss, A.-B. Pimpaud, M.-O. Agnes.

Restitution hypothétique de la basilique carolingienne, de la chapelle d'Hilduin et des bâtiments conventuels. 
© Ministère de la culture / M. Wyss, A.-B. Pimpaud, M.-O. Agnes.

Notre reconstitution de la basilique de Fulrad repose principalement sur les fouilles de S. Crosby et sur le récent réexamen des vestiges toujours conservés dans l'actuelle crypte archéologique, par W. Jacobsen et M. Wyss. Il s'agit d'une église entièrement nouvelle qui adopte le plan d'une basilique à trois vaisseaux, longue de neuf travées. La nef centrale est séparée des bas-côtés par deux files de colonnes dont les bases sont toujours conservées en place. L'édifice, couvert d'un simple plafond, est précédé, à l'ouest, d'un vestibule enserré entre deux tours. À l'est, la nef ouvre sur un transept en légère saillie.

L'abside semi-circulaire, à pilastres extérieurs, comprend une crypte annulaire dont les deux couloirs restent, encore à l'heure actuelle, partiellement visibles. Aux entrées des couloirs, des escaliers, montant en retour d'équerre au transept, ont pu être logés, selon l'archéologue allemand Uwe Lobbedey, dans deux tourelles d'escalier cantonnant les angles orientaux d'une probable tour de croisée. Dans le bas-côté nord, on observe une porte ouverte dans le mur extérieur, donnant sur le cimetière ; au sud, on doit restituer une porte similaire permettant d'accéder au monastère. L'actuelle crypte romane, dite "chapelle d'Hilduin", paraît conserver le souvenir d'un premier agrandissement du chevet carolingien sous la forme d'une chapelle que nous reconstituons avec un étage. La déviation sensible de l'orientation de cette chapelle par rapport à l'axe de la basilique ne peut être mise sur le compte d'une quelconque contrainte du terrain. La chapelle semble plutôt se conformer à l'orientation que présente le monastère connu à partir du XIIe siècle ; de ce fait, elle constitue la preuve indirecte de l'existence des bâtiments conventuels carolingiens pour lesquels nous ne disposons d'aucune autre donnée archéologique. C'est pourquoi, notre reconstitution ne prétend pas être plus qu'une simple suggestion.

La basilique coexiste avec l'alignement d'églises et de galeries hérité de l'époque mérovingienne. À l'ouest de cet ensemble, les fouilles ont révélé un secteur résidentiel correspondant à un palais et comprenant plusieurs bâtiments d'habitation à l'architecture de pierre. Deux de ces constructions, apparues en limite de fouille, sont trop fragmentaires pour permettre de reconstituer leur aspect général. Un troisième bâtiment, mieux préservé, est établi dans le prolongement d'une galerie d'église. Il semble divisé en une moitié occidentale de plan oblong, subdivisée par un dispositif de murs de refends, et une moitié orientale, de forme plus allongée, entourée d'annexes. À l'angle sud-est du bâtiment, une de ces annexes de plan carré, en saillie par rapport à la construction a pu correspondre à un escalier ; l'édifice comptait donc au moins un étage. Avec la construction de ce palais, l'ensemble monumental arrive à une première apogée de son développement architectural.

Restitution hypothétique de la basilique  carolingienne vue depuis l'ouest.  © M. Wyss - Modélisation A.-B. Pimpaud / M.-O. Agnes.
Reconstitution du bâtiment résidentiel établi dans le prolongement de la galerie de l'église Saint-Barthélemy.  ©A.-B. Pimpaud / M.-O. Agnes.

Restitution hypothétique de la basilique  carolingienne vue depuis l'ouest. 
© M. Wyss - Modélisation A.-B. Pimpaud / M.-O. Agnes.

Reconstitution du bâtiment résidentiel établi dans le prolongement de la galerie de l'église Saint-Barthélemy. 
©A.-B. Pimpaud / M.-O. Agnes.