Restitution de l'ensemble monumental. État au début du IXe siècle © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.
Plan de l'ensemble monumental. État au début du IXe siècle  © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Restitution de l'ensemble monumental. État au début du IXe siècle © Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Plan de l'ensemble monumental. État au début du IXe siècle 
© Ministère de la culture / M. Wyss ; A.-B. Pimpaud ; M.-O. Agnes.

Un programme architectural voulu par les Carolingiens

Dès l'avènement des premiers Carolingiens, l'importance politique de Saint-Denis s'accroît. En 741, les funérailles de Charles Martel inaugurent une nouvelle série d'inhumations royales et, en 754, c'est dans la basilique que le pape Étienne II sacre Pépin le Bref.

Entre 769 et 775, l'abbé Fulrad reconstruit l'abbatiale sur le plan d'une basilique à colonnes dont le transept ouvre, à l'est, sur une abside semi-circulaire. À l'ouest, l'édifice est précédé d'un massif d'entrée considéré comme l'agrandissement que Charlemagne aurait fait édifier sur la tombe de son père Pépin, mis en terre en 768 devant la porte de la basilique. Dans le monastère, les sources écrites distinguent un dortoir, un réfectoire, une salle chauffée, une cuisine, des bains, une boulangerie, un cellier et des ateliers. À l'entrée de l'établissement est implanté l'hospice qui permet aux moines d'accomplir leur devoir d'hospitalité et d'assistance aux malades et aux pauvres. En 832, l'abbé Hilduin agrandit la basilique en ajoutant une chapelle au chevet. Selon la volonté de l'abbé, huit religieux y célèbrent la messe, jour et nuit. La chapelle devait jouxter le dortoir des moines.

Dans la nécropole, devenue « grand cimetière » ou « aître » de l'abbaye, l'aire funéraire en arrive à une telle densité d'occupation que de nombreux sarcophages sont réutilisés.

Construction d'une résidence royale...

Promue au rang d'abbaye royale, Saint-Denis attire des hôtes de marque dont la présence est attestée par les textes. Aussi est-il fort probable que des logements appropriés à leur rang leurs soient destinés. Une zone résidentielle, mise au jour au nord de la basilique, peut avoir fait partie d'un palais. En effet, parmi les constructions à l'architecture de pierre, émerge un bâtiment à étage qui mesure au moins 30 m de long sur 14 m de large. Il est établi dans le prolongement des églises funéraires, il est doté, à l'angle sud-est, d'un porche élevé auquel on accédait par un escalier extérieur dont les fondations ont, semble-t-il, été retrouvées. La construction comptait donc au moins un étage.

... qu'un aqueduc alimente en eau courante

À une cinquantaine de mètres au nord de l'ensemble monumental est construit un aqueduc souterrain alimentant trois bassins. L'utilisation de cet ouvrage, taillé dans un calcaire tendre, fut brève. Le nombre considérable d'éléments architecturaux mis au jour dans les couches d'abandon des bassins, confirme la proximité d'un environnement à fort caractère monumental. Les toits à faible pente sont encore couverts avec des tuiles de tradition antique. L'emploi de tubuli de chauffage est également attesté. Des plaquettes de marbre et de pierres de couleur proviennent de pavages et de revêtements de murs en opus sectile. La découverte d'objets de luxe importés, tels que verres à boire au décor réticulé et poteries dites "de Tating", témoigne du haut niveau de vie des habitants. Une épreuve de coins monétaires en plomb atteste de la présence d'un atelier royal sous le règne de Pépin (752-768).