Restitution de la structure d’un mur en torchis portant un décor peint.
Solin de moellon grossier.
Vue du clayonnage carbonisé. Paris Antique

Restitution de la structure d’un mur en torchis portant un décor peint.
Infographie © T. Leroy / CVP.

Solin de moellon grossier. 
Cliché © S. Robin / CVP.

Vue du clayonnage carbonisé. 
Cliché © S. Robin / CVP.

La construction

Les premières maisons de la ville romaine ont été édifiées à l’époque augustéenne
Leur construction, qui a largement recours au bois et au torchis, semble assez stéréotypée. Typiquement indigène, ce type de construction présente également des parallèles avec l’architecture des camps militaires romains.

Les parois reposaient sur des poutres sablières calées sur des solins de pierres plus ou moins alignés. Sur ces bases venaient se fixer, par un système d’encoches, des montants verticaux bien taillés entre lesquels étaient fixés des lattes horizontales. L’armature ainsi constituée recevait un clayonnage vertical formé de baguettes souples, l’ensemble étant ensuite complètement obstrué par un torchis d’argile.

En dépit de l’utilisation de matériaux apparemment sommaires, ce mode de construction était en réalité assez sophistiqué, les murs pouvant être recouverts d’enduits très lissés et recevoir ensuite des peintures murales de facture soignée. Par ailleurs, la richesse et l’abondance du mobilier découvert dans les décombres indique clairement le niveau de vie des habitants dans certaines insulae du centre de Lutèce.

En raison de la faible épaisseur des murs, ces maisons ne devaient pas comporter d’étage. Leur couverture était également en matériaux périssables, en chaume ou en planches de bois, aucune tuile n’ayant été découverte dans les niveaux de démolition. Quant aux sols, ils étaient en terre battue ou en argile jaune fortement damée.

Plan des habitations en torchis. Paris Antique
Cave en moellons avec deux céramiques en place et le bois carbonisé de la trappe. Paris Antique
Vue d’un four domestique avec le départ de la voûte circulaire. Paris Antique

Plan © D. Busson et V. Charlanne

Cave en moellons avec deux céramiques en place et le bois carbonisé de la trappe.
Cliché © S. Robin / CVP.

Vue d’un four domestique avec le départ de la voûte circulaire.
Cliché © S. Robin / CVP.

Le plan et l’organisation

Les toutes premières habitations augustéennes étaient de dimensions réduites, proches des maisons de l’époque de la Tène, placées au milieu de grand espaces non bâtis de plan rectangulaire. Elles sont composées d’une ou de deux pièces. Par la suite, elles s’agrandissent et se dotent de pièces annexes. Chaque maison possédait un four domestique en argile ou une plaque-foyer ainsi qu’une cave peu profonde dans laquelle on conservait des denrées périssables, comme l’atteste la découverte de céramiques calées dans le sol et écrasées sur place lors d’un incendie. Ces petits garde-mangers, auxquels on accédait par une échelle, étaient fermés par une trappe à deux anneaux. On trouve dans les cours attenantes aux habitats des fosses dépotoirs et des puits à eau. Ceux-ci permettaient l’approvisionnement en eau, aucun système d’adduction et d’évacuation ne semblant exister pour cette période.