Par son extension géographique, aussi bien que par ses capacités politique et militaire, Ougarit fut une puissance moyenne au sein du système politique hittite dans la Syrie du Bronze récent, mais de premier ordre sur le plan économique.

Une société très structurée

Le roi était à la tête du système politique, administratif, militaire et religieux de l’État, son rôle étant contrebalancé par celui de la reine, par la place du préfet au sein de l’administration, et par l’existence de plusieurs centres de pouvoir à l’extérieur du palais royal.

Les textes montrent une société composée d’une population autochtone sémite, avec une forte composante hourrite, qui accueillait des étrangers (hittites, égyptiens, chypriotes, personnes en provenance de l’intérieur de la Syrie et des côtes du Levant) et des populations nomades. La société était très structurée, le changement d’une classe sociale à une autre étant toutefois possible. Avec l’existence de la propriété privée, les biens et des gens pouvaient être vendus et achetés. Les textes documentent aussi les coutumes et les traditions familiales, notamment le mariage, le divorce, l’adoption et l’héritage.

Une administration forte

L’administration centrale exerçait un contrôle administratif et économique strict sur les ressources humaines et économiques du royaume. Les différentes corporations professionnelles, contrôlées par l’administration, s’occupaient entre autres des textiles et de l’industrie de la pourpre, du travail de la pierre, des métaux et de la céramique, de la construction des maisons, des bateaux et des chars de guerre, de la confection de l’armement et de la préparation des aliments. La famille royale contrôlait une bonne partie de l’activité commerciale, qui empruntait aussi bien les voies terrestres que maritimes, le roi étant le premier commerçant du royaume.