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Des rituels pour les statues de culte

Parmi les textes d’incantation de l’Ezida, se trouvaient ceux liés aux rituels du mis pi (lavement de bouche) et du pit pi (ouverture de bouche). Ces rituels permettaient de préparer une nouvelle statue de culte à sa future utilisation en tant qu’incarnation d’une divinité sur terre. Ces effigies anthropomorphes, fabriquées dans l’enceinte même du temple, étaient considérées comme impropres au culte, tant que ce rituel n’avait pas été effectué.

Le déroulement des rituels

La procédure rituelle se déroulait sur deux jours consécutifs. Ainsi, lors du premier jour, la statue du dieu quittait son temple, pour être transportée vers un jardin situé à l’écart de la ville et à proximité d’un cours d’eau. Le domaine aquatique renvoyait au dieu Ea, dieu artisan et dieu de la magie, qui intervenait dans le processus de conception de l’objet cultuel. Le moment le plus important du rituel avait lieu dans la nuit du premier jour, durant laquelle la divinité venait habiter la statue. Le passage de la nuit à l’aube était le moment privilégié de cette transformation.

La tablette 4 des rituels du mis pi découverte dans l’Ezida

Les incantations mises au jour dans l’Ezida étaient celles récitées après l’aube, une fois les yeux de la statue tournés vers les premiers rayons du soleil. Une fois que la bouche du dieu avait été lavée puis ouverte à l’aide de la présentation de multiples offrandes et de la combustion d’encens, le prêtre exorciste (ashipu) récitait face au dieu l’incantation suivante :

Puisses-tu être la divinité protectrice et favorable de ton temple !
Puisses-tu être établie dans le sanctuaire de ton temple ! (…)

(Les prêtres) ont ouvert ta bouche deux fois sept fois avec du sirop, du ghee, du cèdre et du cyprès ! (…)
[Le dieu Ea (…) a parachevé ta divinité ! Il a préparé ta bouche pour (que tu puisses) manger !]

Traduction Louise Neuville

            Suite à cette longue cérémonie, la statue était raccompagnée vers son sanctuaire lors d’une procession religieuse, puis installée dans sa cella, pour pouvoir remplir son rôle de divinité protectrice de la cité.