L’exploration archéologique du site de Mari a révélé un nombre considérable de monuments de la première civilisation urbaine de Mésopotamie. Certains d’entre eux, en particulier les deux palais successifs, sont à juste titre considérés comme des exemples uniques dans les annales de l’archéologie orientale.

Des constructions fragiles

Cependant, la nature du matériau de base de cette architecture, la brique de terre crue, fait que les ruines exhumées sont d’une grande fragilité et la dégradation naturelle a souvent rendu méconnaissables les édifices retrouvés. L’absence de mesures de protection préventive a souvent entraîné une dégradation rapide et brutale des vestiges.

Un plan de sauvegarde et de restauration

Depuis 1979, date à laquelle Jean-Claude Margueron a pris la direction de la Mission française, la nécessité de mettre en place une véritable stratégie de conservation s’est imposée. C’est dans cette logique qu’une collaboration étroite a été nouée entre la Mission archéologique française de Mari, le CRATerre-ENSAG et la Direction Générale des Antiquités et des Musées de Syrie. Les recherches engagées sur le processus d’érosion des ruines en briques de terre crue ont permis d’étudier et d’expérimenter des techniques de traitement et de mettre au point des solutions pour maintenir et conserver durablement les ruines. C’est pourquoi l’Association des amis de Mari pour la sauvegarde du site s’est engagée avec succès dans une politique de remise en état de l’Enceinte Sacrée du palais du milieu du IIIe millénaire. Lancée en 1997, cette première opération a été suivie, à partir de 2004, par les travaux de restauration du secteur officiel du Grand Palais Royal de la Ville III. Cette nouvelle étape, financée par Total E&P et soutenue par la DGAMS, approche de sa conclusion et il est urgent d’entamer les nouvelles étapes.

Vers un plan de gestion du site

L’année 2009 a vu la construction d’un centre de visite de 400 m2. Celui-ci consiste à la fois en un espace de réception et d’exposition, qui doit accueillir des panneaux explicatifs et abriter des conférences. On a planifié la gestion de l’ensemble des vestiges archéologiques : clôture du site, gestion des déblais de fouilles, comblement des zones fouillées devenues dangereuses, installation d’une signalétique. L’ensemble a été inauguré en octobre 2010, à la suite d’un colloque international qui s’est tenu à Damas, sous l’égide de la DGAMS, de l’IFPO et de la mission archéologique française de Mari, célébrant les 75 ans d’une belle aventure archéologique et d’un grand chantier en constant renouvellement.