L’Euphrate

Centre commercial majeur, la ville de Mari était au cœur d’un dense réseau de routes : l’Euphrate était un axe commercial majeur et toute une série de routes caravanières rayonnaient depuis Mari. Les textes de la Ville II puis de la Ville III évoquent à la fois l’importance de la navigation et du transport terrestre. On n’a pas retrouvé à Mari de restes de bateaux, qui étaient, d'après les textes et des découvertes sur d'autres sites,  en bois ou en roseau calfaté au bitume. Ils permettaient de transporter d’amont en aval les produits de Syrie et d’Anatolie, bois, huiles, vins ou métaux. Le karum de Mari, le port situé le long du canal, a malheureusement disparu ; son activité est mentionnée dans les textes et comprenait à la fois le transport sur le fleuve et les canaux mais aussi l’organisation de caravanes.

Les routes caravanières

Mari était au cœur d’un réseau de routes caravanières qui conduisaient de l’Euphrate à la Méditerranée via Palmyre notamment, ou vers l’Est dans la vallée du Tigre. L’animal de bât par excellence était l’âne ; le dromadaire n'est utilisé pour le transport que bien après, au Ier millénaire. Le cheval domestique quant à lui n'apparaît qu'à la fin du IIIe millénaire, à l'époque amorrite ; c'est un animal de prestige. Le dernier roi de Mari, qui hésita à faire son entrée dans la ville à cheval ou sur un âne, fit installer une écurie dans la cour du palais pour ses chevaux. Les fouilles menées à Mari au chantier L, dans les niveaux de la Ville I, ont livré quelques-uns des plus anciens squelettes complets d’ânes domestiques découverts au Proche-Orient. Les mosaïques de nacre de la Ville II figurent des chariots tirés par des équidés, à la mode sumérienne.

Les restes d’une roue bitumée ont été trouvés en 2002 dans les niveaux de Ville I. Datés de 2750 av. J.-C., ce sont les plus anciens restes de roue découverts au Proche-Orient. Cette roue était faite de trois planches de bois juxtaposées, calfatées au bitume. D’après les textes, Mari était réputée pour la qualité de ses chariots.

Circuler dans la ville

Les traces du passage répété de ces chariots ont été repérées dans l’entrée nord-est du palais. Ânes de bât ou attelages circulaient  activement dans une ville dont les rues principales, organisées selon un plan radioconcentrique, étaient larges de 4,70 mètres. La mieux connue de ces rues est la « voie sacrée » qui longeait le massif rouge à l’est et était bordée de sanctuaires. Ces rues étaient remplies de nappes de gravillons qui absorbaient les eaux de pluie. Deux portes de la ville ont été fouillées, la largeur du passage était également de 4,70 mètres.