Alors que les égyptologues s’étaient jusque-là intéressés à l’Égypte pharaonique, Jacques de Morgan fournit toute une documentation sur les époques antérieures, et un raisonnement qui pose les bases de la Préhistoire égyptienne.

Prospections et fouilles

En explorant l’Égypte, le long du Nil, mais aussi dans le Fayoum, Jacques de Morgan repère des pierres taillées et des nécropoles qu’il attribue aux périodes paléolithique et néolithique, prouvant l’existence d’une Préhistoire de l’Égypte. À Nagada, il fouille un tombeau royal attribué à l'époque à Ménès, le premier roi de la Ire dynastie. Les sépultures antérieures sont par conséquent qualifiées de prédynastiques.

Consultez les archives de fouilles de l’équipe italienne qui a repris les fouilles du site de Nagada (Égypte).

Des réticences dans le milieu égyptologique

À l’époque de Jacques de Morgan, la plupart des égyptologues ont une approche historique et philologique, qui s’ancre sur les textes. Or, les arguments de Morgan sont davantage de nature géologique et archéologique. En publiant ses travaux, il se heurte à des réticences, notamment de la part de Flinders Petrie, qui avait fouillé un autre secteur de Nagada avant lui, et n’était pas parvenu aux mêmes conclusions.

L’avènement de la Préhistoire orientale

Les travaux de Jacques de Morgan s'inscrivent dans une époque d'effervescence scientifique à propos de la définition d'une Préhistoire orientale. Une vingtaine d’années auparavant, les sites de Troie et de  Cnossos avaient soulevé la question de la préhistoire grecque. Parallèlement d'autres recherches furent entreprises en Palestine. C’est dans ce contexte bouillonnant que les travaux de Jacques de Morgan rencontrent des réserves de la part des égyptologues. Toutefois ses données convainquent certains préhistoriens de renom, tels que Gabriel de Mortillet.