Des antiquités iraniennes en France

Depuis la fin du XIXe siècle, les activités archéologiques françaises en Iran sont réglementées par des conventions internationales. La première, signée en 1884, autorise les époux Dieulafoy à fouiller Suse, et permet l’ouverture des premières salles d'antiquités perses au musée du Louvre.

En 1895, une deuxième convention est signée, accordant à la France le monopole des fouilles archéologiques sur le territoire iranien. Mais ce n’est qu’en 1900 que Mozaffaredin Shah cède également le monopole de la totalité des découvertes. Morgan en profite pour envoyer en France toutes les antiquités, y compris celles découvertes avant la signature de la convention de 1900, alors que celle-ci n’est pas rétroactive.

Un transport chaotique

C’est donc vers le Louvre que sont acheminées les découvertes. Le musée fonctionne alors comme une plaque tournante pour distribuer le résultat des fouilles vers différentes institutions françaises en fonction des particularités du matériel.

Cependant, le transport des 230 caisses de mobilier depuis Suse n’est pas aisé. Morgan répartit les caisses selon leur poids. Celles qui pèsent moins de 80 kg sont transportées par une caravane de plus de cent chameaux jusqu’à Khorramshahr, ville portuaire iranienne.

Il reste 25 caisses pesant plus de 80 kg qui sont transportées par charriot. Mais sur la route, le charriot se brise. Un fourgon est bricolé grâce au bois des caisses de mobilier, et le convoi rejoint finalement les autres caisses à Khorramshahr. De là, elles sont expédiées par bateau jusqu’à Mascate, puis de Mascate à Marseille, pour enfin rejoindre le Louvre.