Communautés et patrimoine irakien

L'association Mesopotamia

Créée à Lyon en mai 2017, l’association MESOPOTAMIA est une organisation culturelle et éducative, qui développe un programme de travail novateur en faveur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine des communautés irakiennes ciblées par des organisations terroristes et fragilisées à l’extrême dans leur propre pays.

Programme de travail de l’association MESOPOTAMIA et site internet 

Ouvert le 4 avril 2018, le site internet www.mesopotamiaheritage.org présente un inventaire documenté, multimédia, multilingue (français, anglais, arabe, et bientôt syriaque) et participatif du patrimoine monumental chrétien assyro-chaldéo-syriaque, yézidi et juif en Irak. Cet inventaire patrimonial présente une centaine de monuments emblématiques, présentés sous forme de notices historiques et descriptives, illustrés par de nombreuses photographies, complétés par 45 vidéo-reportages et enrichis par de nombreux témoignages. Un réseau de correspondants irakiens du patrimoine participe à ce processus. Les contributeurs documentent cet inventaire par des recherches dans les archives familiales et communautaires et actualisent l’état de ce patrimoine par de nouvelles photographies.

Au service premier des communautés irakiennes fragilisées à l’extrême et de leurs communautés en diaspora, le programme MESOPOTAMIA vise à renforcer ce lien vital et indissoluble entre les hommes et leur patrimoine.

En contribuant à la connaissance et à la reconnaissance de ce patrimoine, MESOPOTAMIA s’efforce de préserver la mémoire de ces communautés dites minoritaires, héritières de civilisations multimillénaires, victimes de violences extrêmes et aujourd’hui menacées de disparition. Enfin, la revitalisation de ce patrimoine, communautaire, national et universel, est non seulement un moyen de stabilisation des populations concernées dans leur propre pays, mais aussi un outil au service de la citoyenneté et du bien commun.

Recherche scientifique

Au service de la recherche scientifique, les données historiques et patrimoniales publiées sont fondées sur des sources fiables, convergentes et validées par un conseil scientifique composé de plusieurs personnalités.

Pr. Christian Cannuyer, professeur à l’Université Catholique de Lille, président de la Société Royale Belge d'Études Orientales, directeur du Bulletin Solidarité-Orient. Charles Personnaz, directeur de l’Institut National du Patrimoine et chargé de mission patrimoine et culture à l'Œuvre d'Orient. Pr. Joseph Yacoub, professeur honoraire de l’Université Catholique de Lyon, auteur de nombreux ouvrages sur les Assyro-Chaldéens-Syriaques. Pr. Narmi Ali Amin, archéologue, université Salaheddin d’Erbil. Co-directrice de la Mission française à Bazyan, membre de la Mission archéologique française de Qasr Shemamok.

Implication des populations irakiennes, des autorités régionales et fédérales

Les recherches de MESOPOTAMIA sont conduites avec le concours des populations irakiennes et en lien avec les autorités régionales et fédérales compétentes.

Les experts irakiens sollicités sont historiens, linguistes, journalistes, théologiens, archéologues, archivistes, (…). Ils contribuent à identifier les sites patrimoniaux. Ils participent à la collecte des sources documentaires. Ils aident à la rédaction des notices patrimoniales et en assurent les traductions. Ces spécialistes irakiens sont issus des communautés concernées : assyrienne, chaldéenne, syriaque-catholique, syriaque orthodoxe, arménienne, juive et yézidie. Ce sont aussi des acteurs de la société civile grâce à l’organisation de défense des droits de l’homme Hammurabi et des représentants d’institutions patrimoniales comme le Musée du Patrimoine Syriaque.

Hors d’Irak, des chercheurs des universités françaises, de l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO), de l’INALCO (Joseph Alichoran, Vincent Déroche, Birgül Açıkyıldız, ...) contribuent également aux recherches de MESOPOTAMIA.

MESOPOTAMIA organise également des expositions et des conférences

L’organisation Mesopotamia a créé une exposition multilingue. Disponible en français, en anglais, en arabe et en kurde, cette exposition itinérante a vocation à circuler en Irak et au Proche-Orient, en France et en Europe, à la rencontre d’un public souvent émerveillé de découvrir une telle richesse humaine et patrimoniale. En Irak, cette exposition a été présentée à Bakhdida (avril 2019), Erbil (juin-juillet 2019), Mar Matta (septembre 2019), Bartella (septembre 2019), Bagdad (octobre 2019), Karamlesse (décembre 2019). Hors d’Irak, cette exposition a été présentée à Lyon, à l’Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes (avril 2019), ainsi qu’au Liban, à Beyrouth (juillet 2019). Parmi la foule des visiteurs qui visita l’exposition à la citadelle d’Erbil, une femme syrienne écrivit ce message sur le livre d’Or : « Comme je viens d’un pays qui a souffert de la guerre et de la perte du patrimoine, j’avais des larmes aux yeux en voyant la grandeur de cette civilisation. S’il vous plaît, préservez votre pays par l’amour, la foi et l’acceptance de l’autre.».

Invitée à l’Institut du Monde Arabe (octobre 2018) pour un colloque international sur le patrimoine en danger, ainsi qu’à l’École du Louvre pour un séminaire organisé à l’initiative de l’Institut National du Patrimoine (février 2020), MESOPOTAMIA a organisé, le 27 Juin 2019, une importante Journée d’Étude à Erbil, recueillant à cette occasion les doléances et propositions écrites des 150 participants, adressées au gouvernement fédéral irakien et aux institutions civiles et religieuses compétentes. Les participants ont ainsi demandé de :

  1. Créer une législation protectrice des minorités, spécifiquement chrétiennes et yézidies.

  2. Respecter les droits civils et patrimoniaux des minorités, singulièrement chrétiennes et yézidies (un travail de fond sur les manuels scolaires est considéré comme indispensable).

  3. Réaliser un inventaire de tous les mausolées yézidis détruits par Daesh dans l’ensemble de l’Irak (et pas seulement à Baashiqa et Bahzani).

  4. Mettre en place des moyens tangibles pour conserver (protéger) le patrimoine chrétien et yézidi en Irak, dans tous ses gouvernorats et notamment à Mossoul, mais aussi dans le Kurdistan.

  5. Reconstruire les monuments endommagés en employant des moyens et techniques adaptés respectueux des édifices.

  6. Prendre en compte le patrimoine civil (non cultuel) dans la conservation (protection) du patrimoine.

  7. Sensibiliser les jeunes, de plus en plus focalisés sur la migration, à la conservation (protection) patrimoniale.

  8. Promouvoir la réalisation d’expositions sur le patrimoine détruit et vandalisé par Daesh.

  9. Créer un musée du patrimoine des minorités.

  10. Promouvoir une journée irakienne du patrimoine.

Ces propositions ont été adressées aux autorités, institutions et organisations civiles et religieuses compétentes en Irak, en France et en Europe.

Le 14 Octobre 2019, à l’invitation de l’Institut Français d’Irak, MESOPOTAMIA et l’organisation irakienne de défense des droits de l’homme HAMMURABI, ont pris part à la tenue d’une importante conférence sur le « patrimoine monumental chrétien et yézidi en Irak : état des lieux, protection, valorisation ». Cette conférence a réuni un panel de personnalités, parmi lesquelles Bruno Aubert, ambassadeur de France en Irak ; Monseigneur Louis Raphaël 1er Sako, patriarche de l’Église catholique chaldéenne ; Pascale Warda, présidente de l’Organisation Hammurabi; Narmin Ali Amin, archéologue, chercheur associée à l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO) ; Shukr Khudur Murad al Dakhi, historien et écrivain, représentant du Centre Culturel Yézidi de Lalesh à Sinjar ; Saad Salloum, professeur assistant à la Faculté des Sciences Politiques de l’Université Mustansiriya de Bagdad, cofondateur du Conseil Irakien pour le dialogue interreligieux (ICID).

Mesopotamia bénéficie du soutien de quelques partenaires

Des associations, fondations et organisations françaises et européennes sont impliquées dans ce projet : Fondation Saint-Irénée, Solidarité Orient, L’Œuvre d’Orient ...

Des collectivités publiques sont impliquées : Région Auvergne-Rhône-Alpes, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, Institut Français d’Irak.