Les salines d’Añana

Les salines d’Añana, dans le Pays basque espagnol, représente les plus anciens témoins de production de sel en Europe occidentale, soit dès le Néolithique (second quart du Ve millénaire av. J.-C.).


Vue générale sur les salines d’Añana © CNRS O. Weller
Vue générale sur les salines d’Añana © CNRS O. Weller

Exploitées par évaporation solaire sur plus de 10 ha, depuis 2010, la reprise de la production de sel de cette saline médiévale, a permis de mettre au jour des vestiges bien plus anciens, de la fin du Néolithique ancien, et encore inconnus dans l’espace méditerranéen.

Une exploitation dès le Néolithique dans le Pays basque

À l’image de la renaissance des marais salants de Guérande, les salines d’Añana sont devenues, depuis 2010, un lieu incontournable à la fois pour le patrimoine vivant, le paysage culturel ou la gastronomie (70 000 visiteurs/an). Ces émergences naturelles de saumure sont à la fois très concentrées en sel, avec 250 à 280 g/l de NaCl, soit quasi 10 fois l’eau de mer, et très abondantes avec un débit élevé de 2 l/s les rendant quasi inépuisables.

Les salines d’Añana
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Une exploitation renaissante très dynamique
© CNRS / O. Weller
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Carte de situation des salines Añana (Vitoria-Gasteiz, Alava, Pays basque)
© R. Brigand et O. Weller

Des salines réhabilitées très anciennes

Après un abandon total dans les années 1960, la réfection d’anciennes aires d’évaporation en 2013-2014, a permis de mettre au jour plusieurs niveaux stratigraphiques riches de centaines de tessons céramique et des niveaux de combustion sur la partie amont des salines. Datées d’au moins 4700 av. J.-C., ces exploitations néolithiques pourraient bien jouer un rôle majeur dans les processus de colonisation et de sédentarisation du nord de la Péninsule ibérique, un rôle d’attracteur, voire de fixateur, pour les premières populations d’agriculteurs-pasteurs venues du sud de la France.

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Découvertes archéologiques sous les bassins d’évaporation
© CNRS / O. Weller

Des découvertes exceptionnelles à étudier

Ignorées encore des modèles de colonisation et de sédentarisation à l’échelle régionale comme nationale, ce projet (2021-2024) entend bien mettre l’accent sur l’importance des ressources en sel et leur pouvoir à la fois attractif et structurant pour les premières communautés néolithiques d’Europe occidentale. Il s’agit donc d’identifier l’ensemble des procédés techniques utilisés, de caractériser les modes de gestion et les interactions avec le milieu naturel et d’évaluer l’impact socio-économique de ces premières productions de sel méditerranéennes à l’échelle du site (puissantes accumulations de sols de combustion très riches en mobilier céramique) mais aussi, plus largement, à l’échelle du site (encore en fonctionnement) mais aussi, plus largement à l'échelle régionale et au-delà.

Aussi, outre le repérage et la fouille détaillée des importants dépôts archéologiques (puissantes accumulations de sols de combustion très riches en mobilier céramique observées en coupe sur plusieurs centaines de mètres de longueur en aval des sources salées), il conviendra de mener une série d’analyses (eaux, sols, charbons, pollen…) à la fois sur le site et hors site. Les prospections et carottages viendront ainsi enrichir les données contextuelles et les inventaires et bases de données des sites repérés anciennement dans la région (abris sous roche, grottes bergerie, mégalithes…) permettront d’évaluer le pouvoir structurant de cette première saline préhistorique méditerranéenne et de ces débouchés en regard aussi bien des processus de néolithisation de la chaine pyrénéenne (colonisation pionnière de la vallée de l’Èbre dès le milieu du VIe millénaire) que du développement remarquable du mégalithisme, du pastoralisme et des réseaux d’échanges dès le Ve millénaire avant J.-C.

Équipe de recherche et partenariats

Le projet bénéficie de l’appui institutionnel et/ou financier du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, de l'UMR 8215 – Trajectoires (CNRS, Paris), de la fondation Valle Salado (Añana), de la Casa Velázquez (EFE, Madrid) et de l'université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne.

Les équipes partenaires sont l'UMR 5608 - TRACES (CNRS et université de Toulouse - Jean Jaurès) l'UMR 7264 - CEPAM (CNRS et Université de Nice), l'UMR 6249 – LCE (CNRS et Université de Franche-Comté), l'UMR 7209 - AASPE (CNRS et Museum d’Histoire Naturelle de Paris), l'INRAP, Qark Arqueología SL, l'Universidad del País Vasco-Vitoria ; Université populaire du Pays basque et l'Universidad de Valladolid.

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