Guatemala - Il y a près de 2000 ans

Naachtun

Le site de Naachtun est une grande capitale régionale maya de la période classique (150-950 apr. J.-C.). Implantée au cœur du Petén, Guatemala, le berceau de la civilisation maya, Naachtun se distingue par sa longévité et sa prospérité alors que la cité se trouve entre Tikal et Calakmul, les deux grandes cités rivales qui vont se disputer l’hégémonie des Basses Terres centrales tout au long du Classique.


Naachtun, Guatemala, structure 60-5. © Projet Naachtun/Philippe Nondédéo
Naachtun, Guatemala, structure 60-5. © Projet Naachtun/Philippe Nondédéo

Sommairement étudiée par le passé depuis sa découverte en 1922, la cité était l’un des derniers grands sites mayas à fort potentiel à ne pas avoir fait l’objet de recherches intensives. Composé d’un épicentre monumental de 35 ha, d’une zone résidentielle de 175 ha comprenant près de 600 structures en tout genre, et de plus de 80 monuments sculptés en pierre (stèles et autels), la cité était le siège d’une puissante dynastie locale, celle de la Chauve-Souris. Le travail en cours vise à reconstituer l’organisation, sociale, politique, économique de cette capitale ainsi que l’exploitation des ressources locales en contexte tropical.

Un projet de recherche international 

Le projet Naachtun est un projet international et pluridisciplinaire qui a débuté en 2010 et qui comprend une équipe de spécialistes de haut niveau qui émanent de l’archéologie (archéologues, céramologues, lithiciens, archéologues funéraires, épigraphistes, iconologues) de disciplines connexes à l’archéologie (archéozoologues, malacologues, anthracologues) mais aussi paléo-environnementales (géographes, sédimentologues, paléoécologues, phytolithiciens). Un volet patrimonial important existe par ailleurs, portant aussi bien sur la conservation du site (monuments sculptés en pierre et édifices) que sur la restauration d’objets en laboratoire. Ce travail est à la charge de restaurateurs qualifiés et d’architectes. Enfin, la mission accorde une place toute particulière à la formation des générations futures de chercheurs puisque pas moins de 6 thèses de doctorats ont d’ores et déjà été soutenues tandis que de nombreux mémoires de Master ont été réalisés, tant en France, qu’au Guatemala ou au Mexique, aussi bien en archéologie qu’en sciences environnementales.

Une capitale et son arrière-pays

Après avoir travaillé précédemment (2010-2018) sur les deux phases d’apogées du site (le Classique ancien : 150-550 apr. J.-C. ; le Classique récent : 550-950 apr. J.-C.) en étudiant notamment l’épicentre de la cité et sa zone résidentielle attenante (soit 2.5 km²), le projet a pris un virage radical à partir de 2019 avec l’obtention d’une couverture LiDAR de 135 km² qui a permis de replacer le site au sein de son territoire de contrôle et de subsistance. Dorénavant donc, nos efforts portent sur ce territoire, cet arrière-pays de 135 km² qui assurait subsistance, main-d’œuvre et productions spécialisées à la capitale Naachtun. La diversité de la mission archéologique dans ses thématiques de recherche et la richesse de ses équipes lui ont permis, d’une part, d’obtenir le label d’excellence de l’Académie des Inscriptions & Belles-Lettres entre les années 2016 et 2019 et, d’autre part, en 2018, de recevoir le grand prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca.

Naachtun, Patio 6
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Naachtun, Patio 6
Photo Projet Naachtun/Divina Perla
Naachtun, Patio 22
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Naachtun, Patio 22
Photo : Projet Naachtun/Céline Gillot
Naachtun, Place Est
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Naachtun, Place Est
Photo : Projet Naachtun/Philippe Nondédéo
Couverture Lidar de Naachtun (135 km²)
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Couverture Lidar de Naachtun (135 km²)
DEM : PLI Pacunam ; Données : Projet Naachtun

Les soutiens du projet

Outre le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le Projet reçoit des financements, côté français, du CNRS, de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ponctuellement du LabEx DynamiTe. Au Guatemala, le projet bénéficie du soutien annuel de la fondation Pacunam ainsi que de la compagnie Perenco. Enfin, depuis 2018 le projet bénéficie de la subvention de la Fondation Simone et Cino del Duca.

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