Pérou - il y a 1 200 ans

La Huaca Amarilla dans le désert de Sechura

La Huaca Amarilla se trouve dans l’un des déserts les plus arides au monde et qui est périodiquement soumis à des aléas naturels puissants, à l’image du phénomène climatique El Niño. Il s’agit alors d’approfondir la connaissance des relations entre société ancienne et environnement, à travers l’exploitation des ressources naturelles et des modalités d’acclimatation et d’adaptation des humains et des animaux au milieu désertique.


  • La Huaca Amarilla dans le désert de Sechura
Vue du secteur funéraire et domestique de Huaca Amarilla (©CNRS/Nicolas Goepfert).
Vue du secteur funéraire et domestique de Huaca Amarilla (©CNRS/Nicolas Goepfert).

Des vivants et de très jeunes défunts

Découverte en 1972 par une chercheuse péruvienne Mercedes Cárdenas, les premières fouilles ont eu lieu entre 2015 et 2018. Ces travaux ont permis de mettre en évidence une architecture monumentale inconnue pour cette région, une longue occupation les IXe et XVe siècles apr. J.-C., et un secteur funéraire spécialisé dans l’inhumation de périnatals, nourrissons et enfants.

Baie de Nunura dans le désert de Sechura
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Baie de Nunura dans le désert de Sechura
© CNRS /Nicolas Goepfert

Un site dans le désert

Le site de Huaca Amarilla se localise sur une petite terrasse d’une dizaine de mètres d’altitude qui borde le massif d’Illescas. Ses dimensions sont de 300 m de long pour 260 m de large couvrant une aire d’environ 5 ha. Il se structure autour de deux édifices en pierre et d’une vaste zone domestique. La première structure semble être le lieu de vie de l’élite locale, la seconde était quant à elle dédiée au stockage et à la préparation des aliments. La zone domestique s’étendait sur le reste de la terrasse et était composé de grands patios, structures de stockage (pièces ou grandes jarres) et de grands foyers. L’ensemble de ces éléments nous permettent de mieux comprendre le rôle de ce site dans le désert de Sechura.

Vue aérienne prise par drone de la Structure 2 de Huaca Amarilla
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Vue aérienne prise par drone de la Structure 2 de Huaca Amarilla
© CNRS /Nicolas Goepfert

Un cimetière de jeunes défunts

Une découverte en marge de ce secteur a ouvert de nouvelles perspectives inattendues. En effet, un secteur funéraire spécialisé dans l’inhumation de périnatals, de nourrissons et d’enfants a été mis au jour dans la partie sud-ouest de la zone domestique. Au total, ce sont 117 immatures pour un seul adulte qui ont été inhumés dans ce cimetière. Ces jeunes défunts ont été déposés autour d’une structure rectangulaire qui servait probablement d’autel et de lieu de culte. Un important mobilier funéraire composé de vases, colliers, bracelets, artefacts en bois accompagnait les dépouilles. Ce secteur funéraire exceptionnel renouvelle nos connaissances sur les pratiques funéraires relatives aux immatures et permet de discuter des modalités d’acquisition d’une existence sociale et d’un statut pour les jeunes dans les sociétés préhispaniques des Andes centrales.

Inhumation d'un enfant avec deux vases en céramique
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Inhumation d'un enfant avec deux vases en céramique
© CNRS /Nicolas Goepfert
Dépôt de camélidés sur le site de Huaca Amarilla
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Dépôt de camélidés sur le site de Huaca Amarilla
© CNRS /Nicolas Goepfert

La valorisation du projet

Dans le cadre de ces recherches, un projet de valorisation a été initié pour documenter la vie et le déroulement une mission de fouilles à l’étranger. Ce travail, mené en collaboration avec le CNRS Images, Labex DynamiTe, l’INSHS et l’Institut Français d’Études Andines, a débouché sur l’intégration de 457 photos à la photothèque du CNRS Images et au montage d’une exposition itinérante. Cette exposition photographique a déjà été présentée au Musée National d’Archéologie, Anthropologie et d’Histoire du Pérou (MNAAHP) à Lima (Pueblo Libre) et à l’Alliance Française de Trujillo, ainsi qu’au siège du Cnrs et au Labex Dynamite en France. Cette exposition documente les différentes étapes du travail des archéologues depuis la préparation du terrain, les fouilles archéologiques et le laboratoire post-fouille.

 

Projet soutenu par le ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères sur l’avis de la Commission des fouilles. 

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