Irak - Il y a 4 000 ans

Harradum

Harradum, ville nouvelle fortifiée sur les rives de l'Euphrate, a fait l'objet de fouilles de sauvetage (1981-1988) menées par l'équipe française de Christine Kepinski. Les vestiges matériels et les tablettes cunéiformes qui y ont été découverts permettent notamment de restituer le quotidien de ses habitants au XVIIIe siècle avant notre ère.


Archéologues sur le chantier de fouille de la ville de Harradum, 1986-1988
Archéologues sur le chantier de fouille de la ville de Harradum, 1986-1988

Le site archéologique de Harradum, situé au nord-ouest de l'Irak, est remarquable en raison de son urbanisme de ville-nouvelle, parfaitement orthonormé. La découverte conjointe de vestiges archéologiques et de textes cunéiformes permet de connaître la vie quotidienne de sa population, dans cette petite ville située au cœur de réseaux commerciaux à longue distance.

Le plan de la ville

Harradum a été fondée au XIXe siècle avant notre ère par le roi d'Eshnunna. Elle se situe dans une région frontalière, au carrefour entre la Babylonie et l'Occident, sillonnée par les caravanes. Refondé à l'époque d'Hammurabi (1792-1750), peu après son annexion par le royaume de Babylone, le plan de la ville est volontairement régulier avec une enceinte carrée de 5 hectares contenant huit quartiers égaux, traversés de rues étroites menant aux maisons d'habitation. La ville comprend également des quartiers artisanaux, des entrepôts et deux temples. La culture matérielle locale révèle que Harradum était véritable un carrefour culturel où les influences babylonienne et occidentale se mêlaient.

La vie quotidienne des habitants

Harradum compte un peu plus de 400 habitants, dont certains sont bien connus par la découverte de leurs archives privées. La documentation textuelle, très vivante, les montre ainsi pratiquer le commerce, contracter des prêts, gérer leurs terres agricoles, accomplir leurs obligations militaires, être impliqués dans des procès ou s'inquiéter des mauvais présages. Les textes révèlent même les déboires du maire de la ville, accusé d'avoir extorqué des fonds sur les impôts de ses administrés.

Recherches et protection du patrimoine

Les fouilles de Harradum ont alimenté de nombreuses thématiques de recherches, portant notamment sur son urbanisme atypique, sur les interactions culturelles que révèlent les sources archéologiques et épigraphiques, ainsi que sur le rôle de la région du Moyen-Euphrate dans le Proche-Orient en général.

La lutte contre le vol et le trafic illicite des biens culturels est l'une des priorités du ministère de la Culture, qui prête une grande attention à l'ensemble de ces problématiques, notamment par son rôle régalien de contrôle de la circulation des biens culturels.

Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
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Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
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Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
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Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
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Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
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Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
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Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
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Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
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Fouilles à Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)
Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
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Alentours de Harradum (campagnes 1986-1988)
Joël Suire (CNRS)