Balkh

Bactres, la mère des cités

Balkh, la Bactres antique, est avec son oasis qui couvre près de 16000 km2 est un des ensembles archéologiques les plus importants du Nord de l’Afghanistan. Menacée par les pillages, mais aussi par les conséquences du réchauffement du climatique, c’est un extraordinaire potentiel qu’il importe d’explorer avant qu’il ne soit trop tard.


Une forteresse imposante

La ville antique s’organise autour du Bala Hissar, une enceinte fortifiée de plan sub-circulaire d’un kilomètre de diamètre, dominée par une citadelle implantée dans sa partie Sud-Est : l’Arg. À l’est et à l’ouest de l’axe médian du Bala Hissar se développe une nouvelle ligne de rempart englobant une superficie de 8 km2, clôturée au sud par un puissant rempart, très bien conservé. Le mur sud a une hauteur moyenne de 25 m, une largeur à sa base de 100 m et un couronnement, fait de briques d’argile crue, renforcé par 18 tours de plan circulaire. Les autres parties du système de défense ont été considérablement endommagées par l’extension de la ville de Balkh et l’intensification des mises en culture.

Cet établissement urbain est le centre d’une oasis couvrant 16000 km2, irriguée par 18 canaux dérivés de la Balkh-Ab : la rivière de Balkh. C’est surtout une des oasis les mieux conservées d’Asie centrale.

Le berceau de l’archéologie afghane

L’étude archéologique de ce site a débuté en 1923, ce fut la première fouille entreprise par Alfred Foucher le fondateur de la Délégation archéologique française en Afghanistan. Elle se poursuit encore aujourd’hui malgré des conditions sécuritaires peu favorables. Il a été ainsi possible d’établir une séquence d’occupation qui se développe depuis le Néolithique jusqu’à nos jours.

Les périodes les mieux représentées correspondant aux occupations achéménides, kouchannes et islamiques anciennes. La période antique, pour laquelle les sources historiques sont nombreuses est documentée par des éléments architecturaux monumentaux et un abondant matériel céramique.

Un site clef de la vieille route de l’Inde

À 25 km au Sud de Balkh, le site fortifié de Chashm-e Shafa contrôle « la vieille route de l’Inde » qui va de l’Asie Centrale au cœur de l’Inde. Il est aménagé à partir de la période achéménide et abandonné au XIIIe siècle, après la conquête moghole. La DAFA a pu entamer l’étude du système très complexe de fortifications qui ont été construites en cet endroit et dégager un autel du feu achéménide.

Une des plus anciennes mosquées d’Afghanistan

À 5 km au Sud de Balkh se poursuit la fouille de la mosquée d’Hadji Piadah/Noh Gombad dont un des états a pu être daté de la fin du VIIIe siècle ap. J.-C. Elle se caractérise par son riche décor en stuc qui, stylistiquement semble appartenir à un courant artistique à l’origine local mais qui s’est diffusé dans l’empire abbasside comme en témoignent des vestiges du même genre trouvés à Samarra (Iraq).

Un ensemble patrimonial menacé

Balkh et son oasis constituent un ensemble patrimonial remarquable mais également d’une grande fragilité. Les pillages, l’extension des zones urbaines, la restructuration des parcellaires et les changements des modes de mise en culture menacent très directement les sites archéologiques et plus encore l’intégrité de ce système que constitue l’oasis.

Balkh
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© Délégation archéologique française en Afghanistan
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