Si Babylone n’était qu’une simple ville de province sous la dynastie d’Ur III au XXIe siècle av. J.-C., un tournant a lieu au début du deuxième millénaire avec l’arrivée en Mésopotamie des Amorrites, qui fondent de nouveaux royaumes le long du Tigre et de l’Euphrate, comme à Mari ou à Larsa.

Babylone aux XIXe et XVIIIe siècles av. J.-C. 

Le roi Sumu-la-El fonde une dynastie à Babylone en 1880. La ville acquiert un rôle majeur à partir du XVIIIe siècle av. J.-C. sous l’impulsion de Hammurabi et de ses successeurs. Sous le règne de Hammurabi (1792-1750), le royaume de Babylone devient le plus peuplé et le plus puissant de la région. Le roi unifie les anciens pays de Sumer et d’Akkad et contrôle ainsi toute la Mésopotamie.

On connaît l’importance nouvelle de Babylone grâce à la documentation textuelle, les fouilles archéologiques s’étant révélées impossibles pour le niveau datant du deuxième millénaire, à cause du niveau trop élevé de la nappe phréatique. Les rois de la première dynastie de Babylone ont tous pris la ville comme capitale ; deux palais royaux y furent même érigés, l’un par Sumu-la-El (1880-1845), mentionné dans les archives royales de Mari, et l’autre par Samsu-iluna (1749-1712), fils et successeur de Hammurabi, célébré dans le nom de sa 34e année de règne : 

« Année pendant laquelle il a bâti un palais princier, demeure convenable à la résidence de sa royauté ». 

La topographie de la ville au IIe millénaire

La forme schématique de la Babylone du deuxième millénaire av. J.-C. peut être reconstituée grâce aux données textuelles. Un premier noyau urbain se serait développé à proximité de l’Euphrate avec un réseau très dense de rues, avant d’être élargi dans la deuxième moitié du deuxième millénaire par une extension vers l’est au moyen de grandes avenues rectilignes. La ville accueillait déjà à cette époque de très nombreux temples, et enfin dès le règne de Sumu-la-El, il est question d’une « grande muraille » destinée à la protection de la ville.