C'est en 1929 que commencèrent en Amérique les prospections systématiques par avion grâce à un pilote rendu célèbre en 1927 par la traversée de l'Atlantique, Charles A. Lindberg. Il a notamment obtenu de bons résultats en survolant les zones tropicales et équatoriales, en Amérique centrale, à la recherche de sites Mayas.
 
Dès 1948, on découvrit de gigantesques effigies d'animaux, des tracés rectilignes et géométriques sur les plateaux désertiques de la Nazca, sur le contrefort des Andes, dont la chronologie s'étend de 200 av. J.-C. à 600 de notre ère. Léo Deuel (1969) a bien résumé l'historique de ces recherches de part et d'autre de l'Atlantique. En Europe, dès le début du XXe siècle, on prend des photographies aériennes de monuments à l'aide d'un ballon, comme à Stonehenge en Grande-Bretagne, à Rome et à Ostie en Italie.

Vue aérienne de l'organisation romaine dans des zones arides en Afrique du Nord. Archéologie aérienne.

Vue aérienne de l'organisation romaine dans des zones arides en Afrique du Nord. Photo-interprétation Baradez.

Pendant la guerre de 1914-18, la photographie aérienne va être systématiquement utilisée pour guider les opérations des troupes au sol et l'aviation. C'est principalement sur les confins de la Méditerranée orientale, dans les régions désertiques et subdésertiques, que, d'emblée, des résultats positifs furent obtenus par les militaires anglais, allemands et français pour la détection des vestiges anciens.

D'extraordinaires clichés sont pris de 1925 à 1942 en Syrie par le Père Poidebard (1934) qui étudie le limes romain, la ville de Tyr et son port submergé et le limes byzantin de Chalcis. Ses clichés, parus dans l'Illustration, lui valent la notoriété, malgré l'ironie de certains savants qui, au début, le considéraient comme "un fantaisiste à la Jules Verne" !

Après la seconde guerre mondiale, un autre français, le colonel J. Baradez (1949) publiait un important volume de photographies aériennes prises avec un éclairage rasant par l'armée; il condamne sévèrement les prises de vues obliques et préconise le recours exclusif aux couvertures aériennes : "hors du stéréoscope, pas de salut", disait-il !

Vue aérienne de l'organisation romaine dans des zones arides en Afrique du Nord. Archéologie aérienne.

Vue aérienne de l'organisation romaine dans des zones arides en Afrique du Nord. Photo-interprétation Baradez.