Les contrastes de couleurs sont facilement repérables dans les cultures céréalières, fourragères, betteravières ou autres, comme les légumineuses, au moment de la maturation.
La plupart des chercheurs français ont signalé l'intérêt des survols, une quinzaine de jours après les regains, dans les prairies artificielles. Les vallées alluviales, au sous-sol constitué de gravier, sont les plus propices à l'apparition de contrastes de hauteur et de teinte des cultures, entre autres des céréales où les variations de la gamme des verts sont extraordinaires.

Anciens fossés gaulois, Saint-Remy-en-l'Eau (Oise), archéologie aérienne.
Fondations gallo-romaines, Vélennes-Frémontiers (Somme), archéologie aérienne.

Contrastes de couleurs, Saint-Remy-en-l'Eau (Oise) au niveau des anciens fossés gaulois.

Verdissement des pâturages à Vélennes-Frémontiers (Somme) au niveau des fondations gallo-romaines.

 Au moment de la maturation des cultures, le jaunissement différentiel prend parfois un aspect spectaculaire, au-dessus de fossés comblés, surtout dans les petits pois, mais aussi dans le colza et les céréales.

En période de sécheresse prolongée, même les pâturages peuvent être révélateurs de soubassements arasés comme à Guizancourt (Somme). Mais, curieusement, le même jour, sur le même type de sol marécageux, les contrastes sont inversés et les herbages sont plus verts à l'emplacement des fondations romaines à Velennes-Frémontiers (Somme). Les choses ne sont donc pas aussi simples qu'il n'y paraît. Ces phénomènes ont été remarqués depuis des siècles par des curieux, bien avant l'apparition de l'aviation. Cependant de nos jours, l'utilisation massive d'engrais atténue considérablement les différences de teinte ou de hauteur des céréales, mais n'efface pas totalement ces anomalies. Il suffira de circonstances favorables (mais imprévisibles à long terme) pour qu'elles réapparaissent.

Villa romaine à Guizancourt (Somme), archéologie aérienne.

Les tracés linéaires blanchâtres correspondent aux murs enfouis d’une petite villa romaine, les taches très vertes résultent, elles, de l’arrosage de la prairie durant la sécheresse, juin 1976. Guizancourt (Somme).