En 1993, Luc Long, du DRASSM, et une équipe d'IFREMER réalisent une prouesse technologique en intervenant, avec sous-marin et robot, sur un site découvert en 1988, par 662 m de fond, au large d’Arles.

Étape-clé pour l’étude des gisements archéologiques profonds

Probablement parti de Bétique, province romaine du sud de l’Espagne, le navire, naufragé au Ier siècle apr. J.-C., se dirigeait sans doute vers l’embouchure du Rhône pour ravitailler la clientèle gallo-romaine. Il transportait entre 1 000 et 2 000 amphores aux formes variées, très identifiables grâce à l’absence de concrétions à une telle profondeur. De la céramique et des lingots de cuivre complètent cette cargaison très rationnellement agencée. Une ancre en fer signale la proue tandis que des membrures dépassant du sable laissent présager une coque bien préservée, à l’abri des vers xylophages inadaptés à cet écosystème.

La preuve par les images

L’opération, sans prélèvement ni déplacement, expérimente à très grande profondeur l’usage d’un sous-marin pour faire des clichés dont la synthèse aboutira à la représentation des amphores dans leurs volumes et leur agencement. Même si certaines informations - incisions, marques peintes…- ont été perdues, l’image virtuelle de l’épave permet une analyse du chargement : organisation, comptage, dimensions. Un petit film de 20 secondes en images de synthèse offre une vue réaliste du gisement et préfigure l’archéomatique, la réalité virtuelle au service de l’archéologie. Au lendemain de cette opération expérimentale, le DRASSM s’est doté d'un premier ROV de type Achille.