Carte de l'emplacement approximatif de l'épave Jeanne-Elisabeth

Localisation approximative de l'épave Jeanne-Elisabeth dans l'Hérault.

Description

Connu par les archives, le naufrage de la Jeanne-Elisabeth a longtemps retenu l’attention des chercheurs qui souhaitaient en retrouver l’épave jusqu’à ce qu’en 2006 des pilleurs découvrent le site et le mettent au saccage. Vite réprimée, cette action clandestine a finalement débouché sur une fouille méthodique conduite par le Drassm. Outre un chargement de blé, ce navire de 200 tonneaux battant pavillon suédois convoyait de Cadix à Marseille un important fret d'argent composé de 24 600 piastres frappées au Mexique. Le navire a été jeté à la côte de Villeneuve-lès-Maguelone dans la soirée du 14 novembre 1755.

L’étude a livré des objets, du bord ou de la cargaison, exceptionnellement bien conservés. La coque atteste quant à elle de plusieurs traditions de construction navale, signe que les charpentiers du chantier de Wolgast, sur les rives sud de la Mer Baltique, synthétisaient harmonieusement les connaissances des constructeurs hollandais, anglais et français. Armé par un équipage de dix marins suédois, âgés de 16 à 35 ans, le navire fut lancé en 1754, un an seulement avant son naufrage.

L’extrême intérêt de la collection archéologique mise au jour comme la diversité des passerelles jetées vers des fonds d’archives tant français qu’étrangers font de la Jeanne-Elisabeth un site emblématique du littoral languedocien.

Photographie sous-marine d'un plongeur étudiant le pont inférieur du navire
Photographie sous-marine de cordages in situ
Photographie de pièces de monnaie
Photographie d'une couverture de livre
Photographie de différentes poulies
Photographie d'un ensemble de vaisselle

Des structures très bien conservées sur le pont inférieur du navire en zone arrière.

© Teddy Seguin

Les cordages in situ.

© Teddy Seguin/DRASSM

Échantillon de pièces de 8, réaux d’argent.

© Stéphane Cavillon/DRASSM

Découverte exceptionnelle d’une couverture de livre en cuir présentant sur la tranche des traces de dorure et le titre de l’ouvrage « Memoires de Brienne ».

© Philippe Groscaux /CNRS-CCJ

Composition du gréement du navire.

© Teddy Seguin/DRASSM

Composition reflétant la cuisine et le service d’un navire du XVIIIe siècle.

© Teddy Seguin/DRASSM

Responsables d’opération

  • Patrick Grandjean/Drassm (2008-2011)
  • Marine Jaouen/Drassm (2012-2018)

Bibliographie

  • JAOUEN Marine, RIETH Éric, BERTHAUT CLARAC Sébastien, et al. — L’épave de la Jeanne-Elisabeth, 1755 : 2008-2016 bilan de huit campagnes de fouille. Archaeonautica, 19, 2017, p. 41-86.
  • La Jeanne-Elisabeth livre ses secrets