Une capitale à l’apogée de la civilisation islamique en Afghanistan

Lashkari Bazar

Ville riche et prospère, du Xe au XIIIe siècle apr. J.-C., Lashkari Bazar n’est plus aujourd’hui qu’un champ de ruines absorbé petit à petit par l’extension de la ville de Lashkar Gah (Capitale de la province du Helmand dans le Sud de l’Afghanistan).


Un très vaste site archéologique

Le site de Lashkari Bazar se trouve au sud de la ville de Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand. Il s’étend sur plus d’une dizaine de kilomètres sur la rive gauche de la rivière du Helmand, entre la ville moderne et la forteresse de Bust marquant son extrémité méridionale. Le site a été fouillé par la DAFA de 1949 à 1951.

Arche monumentale de Bust
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Arche monumentale de Bust
© DAFA
Citadelle de Bust
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Citadelle de Bust
© DAFA
Citadelle et arche monumentale de Bust
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Citadelle et arche monumentale de Bust
© DAFA
Puits monumental de Bust
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Puits monumental de Bust
© DAFA
Puits monumental de Bust
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Puits monumental de Bust
© DAFA

La capitale d’hiver des sultans ghaznévides et ghorides

Identifié comme étant la capitale d’hiver des sultans des dynasties Ghaznévide (IX-Xe siècles) et Ghoride (XI-XIIe siècles), il est probable que le site ait été occupé dès l’Âge du bronze (IIIe millénaire av. J.-C.). Le site a été abandonné au XIIIsiècle, après avoir été conquis par Gengis Khan.

Laskari Bazar est l'un des meilleurs exemples de ce que pouvait être une capitale royale à la période la plus florissante des sultanats islamiques occupant l’Afghanistan. Les palais des différents sultans sont ainsi disposés le long de la rivière et séparés par des aménagements publics (grande moquée, bazar) ou par de vastes espaces enclos aménagés en jardins ou en caravansérails.

Un modèle pour l’étude de l’art palatial islamique

Des palais fortifiés bâtis par les sultans, celui qui est le mieux conservé est celui de Mas’ud (1031-1041). Il s’agit d’un vaste quadrilatère abritant les appartements privés du souverain avec en particulier des bains, une mosquée servant d’oratoire particulier et des salles abritant les fonctionnaires et les courtisans faisant partie du personnel politique du Sultan. Parties publiques et parties privées y sont nettement délimitées à l’intérieur de cette construction qui est également à proximité de la Grande mosquée et du bazar.

Des peintures murales au caractère unique pour cette période y ont été retrouvées, elles représentent des courtisans et des officiers de la cour du sultan alors qu’ils participent à des cérémonies officielles. Restaurées et déposées à la suite des fouilles ces peintures ont malheureusement été détruites lors de l’incendie du Musée de Kaboul dans les années 1990.

La grande mosquée, le bazar ont été reconnus par la DAFA ainsi que de nombreuses constructions annexes telles que les glacières (Yakhdan) caractéristiques de l’architecture et  de l’art de vivre ghoride. Le site n’ayant pas été réoccupé après les expéditions mongoles (début du XIIIe siècle), les palais, mosquées et caravansérails ont été « fossilisés » dans un excellent état de conservation ce qui a rendu leur étude et leur compréhension très aisée.

 

Mausolée islamique
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Mausolée islamique
© DAFA
Mausolée islamique
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Mausolée islamique
© DAFA
Intérieur du Palais de Massoud 1er
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Intérieur du Palais de Massoud 1er
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Intérieur du Palais de Massoud 1er Ghaznevide
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Intérieur du Palais de Massoud 1er Ghaznevide
© DAFA
Palais ghaznevide
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Palais ghaznevide
© DAFA
Palais ghaznevide
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Palais ghaznevide
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Un site très menacé

À partir de 2008 les palais, du fait de leur bonne conservation, ont été squattés par des réfugiés venant des zones de combat autour de Lashkar Gah et les bâtiments moins bien conservés en élévation ont été détruits ou absorbés dans un tissu urbain dense mais informel mis en place depuis une quinzaine d’années. À la demande des autorités locales et du Ministère afghan de la culture, la DAFA avec une des ONG travaillant sur place (HAFO) pourrait relancer ce projet dans lequel le volet social est au moins aussi important que le volet patrimonial. Car sans proposition de relogement acceptable pour les réfugiés il sera impossible d’entreprendre la restauration des bâtiments qu’ils occupent.