Une vallée-sanctuaire au cœur de l’Hindou Kouch

Bamiyan

Au centre de l’Afghanistan, au cœur même de l’Hindou Kouch, la vallée de Bamiyan, renferme un des ensembles de monuments bouddhiques les plus important de ce pays. On pouvait y admirer jusqu’en mars 2001 des représentations monumentales de Bouddhas, sans équivalent dans la région.


Vue générale de la vallée de Bamiyan © UNESCO
Vue générale de la vallée de Bamiyan © UNESCO

Un site remarquable

Le site a été décrit par le voyageur chinois Xuan Zang au VIIe siècle apr. J.-C. C’est lui qui mentionne également l’existence d’un Bouddha couché de 100 m de long. Ce n’est, pourtant, qu’au XIXe siècle que les voyageurs occidentaux font référence à Bamiyan et publient les premières représentations du site.

À 2 500 mètres d’altitude, la vallée de Bamiyan est bordée par des falaises taillées par l’érosion dans un conglomérat de sable, d’argile et de gravier. Le couvert végétal y est inexistant sauf à proximité des cours d’eau et dans les zones irriguées.

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Falaise de Bamiyan 3D
© Iconem

Étudier et préserver : les premières campagnes scientifiques à Bamiyan

L’étude archéologique de cet ensemble de site a commencé à la fin des années 1920. Une équipe de la DAFA, avec à sa tête André Godard et Joseph Hackin, entrepris alors un travail de prospection, de cartographie et de relevé qui fournit les premières données scientifiques permettant l’étude du site. Certaines des peintures murales décorant les monastères ou les niches des Bouddhas géants furent alors prélevées pour être restaurées et présentées aussi bien au Musée de Kaboul qu’au Musée Guimet.

Après le désastre : sauver ce qui peut l’être

La destruction des Bouddhas puis l’intervention internationale en Afghanistan donnèrent lieu à une grande mobilisation internationale qui aboutit, dès 2003, au classement de Bamiyan sur la liste du patrimoine en péril et à l’organisation, sous l’égide de l’UNESCO, de campagnes de sauvegarde et d’étude de ce qui pouvait être sauvé des vestiges des Bouddhas ainsi que des sites de la vallée. Les travaux entrepris permirent ainsi d’établir que la restauration des deux grands Bouddhas était impossible car pour le plus grand il ne restait plus que 10% de la statue d’origine et 30% pour le plus petit. Une reconstruction est cependant toujours envisagée, même si techniquement et scientifiquement elle s’avère compliquée.

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Bouddha effondré de Bamiyan
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Falaise du grand Bouddha de Bamiyan
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Chambre octogonale de Bamiyan
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Un vaste ensemble patrimonial dont l’avenir est incertain

Les fouilles menées dans les niches des Bouddhas ont toutefois permis d’établir avec précision la date de leur construction grâce à des analyses C14 et des données épigraphiques. On sait que la statue la plus grande (55 m) est datable entre 580 et 636 apr. J.-C. et le plus petite (38 m) entre 540 et 591apr. J.-C.

Les autres sites de la vallée de Bamiyan comme celui de Shahr-i Golgolah (la cité des murmures), dont la tradition veut qu’il ait été détruit par Gengis Khan, ainsi que celui de Shahr-i Zohak (la ville rouge), qui contrôle l’accès à la vallée de Bamiyan, ont été eux aussi occupés à la période bouddhique (au moins à partir du Ier siècle apr. J.-C.). Ils ont beaucoup souffert des pillages et des opérations de minages et de déminages dont ils ont été le théâtre.

Le site a fait l’objet d’importantes campagnes de restauration et de mise en valeur. Menacé par le vandalisme il est aussi victime des conséquences du dérèglement climatique et de l’amplification des phénomènes d’érosion qu’il provoque.

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© Délégation archéologique française en Afghanistan
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