À l’exemple de l’Italie, la conquête de la Gaule méridionale aurait été suivie de vastes opérations d’arpentage, dont la forme la plus courante serait le quadrillage des centuriations. La création de ces cadastres, à vocation fiscale, est démontrée par la découverte exceptionnelle de la forma de marbre provenant du centre public d’Arausio (Orange). Pour les autres cités, l’examen des clichés aériens verticaux et des cartes topographiques a abouti à la mise en évidence de grilles cadastrales inédites, avec la restitution d’une maille théorique à partir de limites parcellaires aux orientations récurrentes. 

Ainsi, les paysages actuels du Languedoc seraient le conservatoire de quelques dizaines de réseaux cadastraux qui auraient conditionné l’histoire agraire de cette région. Ces opérations d’arpentage auraient été menées pour l’essentiel pendant le premier siècle de la présence romaine et intéressent donc la période des origines de la plupart des villas. Le corollaire de cette division des sols est l’attribution de lots, d’importance variable selon le rang social des bénéficiaires, des colons ou des indigènes qui disposeraient ainsi d’une assise foncière pour la création d’une exploitation rurale. Le fondateur du domaine de Loupian, vers le milieu du Ier siècle avant notre ère, a pu être l’un d’eux. Cependant, d’autres formes de rassemblement des terres, par achat ou héritage, voire accaparement frauduleux, ne peuvent être écartées.