À partir du milieu du Ier siècle de notre ère, Loupian participe d’un mouvement plus général de développement de la villa en Narbonnaise. L’affirmation architecturale du centre domanial n’est pas le résultat d’une rupture, mais plutôt de la recomposition de la ferme antérieure. Ainsi, on va fondre dans un même ensemble des constructions destinées à souligner la position sociale du propriétaire et les équipements nécessaires aux nouveaux objectifs d’exploitation du domaine. De façon significative, les ailes de la ferme du début du Ier siècle de notre ère où était logé le personnel sont conservées. L’adjonction d’un corps central résidentiel demandera la suppression des espaces de réserve de l’époque précédente. Les installations agricoles seront rassemblées dans une troisième partie, avec la construction d’un vaste chai.

La mise en œuvre de ce programme a demandé peut-être une connaissance des prescriptions des agronomes antiques mais surtout des savoir-faire urbains avec l’utilisation systématique du mortier de chaux, de mises en œuvre particulières pour la décoration des appartements ou l’aménagement des bains. La monumentalité de l’ensemble ne doit pas être exagérée. Les bâtiments sur le versant ne prennent pas appui sur de coûteuses substructions maçonnées, mais sur des terrasses, plus économiques à réaliser et plus proches des techniques agraires. Cet exemple nous montre les possibilités d’investissements d’un personnage issu des rangs des notables d’une cité de la Narbonnaise.