Cartographier l’histoire, maîtriser le territoire, « fabriquer la nation » : tels sont, dans le domaine du politique, les objectifs du Second Empire. Pour cela, Napoléon III crée des institutions, à l’image de la Commission de Topographie des Gaules et du musée gallo-romain de Saint-Germain.

Un admirateur de Jules César

La passion de l’empereur pour la figure de Jules César et la préparation de sa biographie du général romain satisfont son goût pour l’histoire et pour l’armée, sa curiosité sur les origines de la nation et son besoin d’établir sans cesse des parallèles entre Napoléon Ier et les autres grandes personnalités du passé. La mémoire de Rome est alors inséparable d’une culture politique rattachée à la « démocratie plébiscitaire ». Cette pratique du plébiscite, qui repose sur un large rassemblement autour d’un chef charismatique et unificateur, lui permet de légitimer son pouvoir et de faire sienne la théorie de « l’homme providentiel », qu’il développe dans la préface de l'Histoire de Jules César.

Les arts, l’industrie et l’archéologie au service de la nation

Les expositions universelles et la politique en faveur des musées sont les témoignages d’un empereur épris de modernité, qui souhaite toutefois inscrire le régime dans une filiation historique. L’idéal national de Napoléon III est une nation où les œuvres de l'art et les collections publiques sont au service d’une certaine idée de la grandeur. L’édification du citoyen, même rigoureusement contrôlée, passe par la confrontation avec le passé. Dans ce contexte, le musée d’archéologie porte le message civilisateur d’une nation éclairant le monde.

Nous pouvons lire, à Alise-Sainte-Reine, sur le piédestal du héros d’Alésia : « La Gaule unie ne formant qu’une seule et même nation, animée d’un même esprit peut défier l’univers. Napoléon III à la mémoire de Vercingétorix ».